Février 2019 – Saint Benoît-Joseph Labre

Février 2019 – Saint Benoît-Joseph Labre

Saint Benoît-Joseph Labre.

Né le 26 mars 1748
Mort le 16 avril 1783

Une vraie vie de saint.

“Lève toi,parcours le pays en long et en large.” Genèse,XIII,17

“Je ne suis que poussière et cendre.”  Genèse,XVIII,27

Saint Benoît-Joseph Labre semble tout entier résumé dans ces deux phrases de la Genèse, qui l’auront conduit à mener une vie mi-close entre Dieu et les hommes, à l’image de son portrait,dont on ne voit souvent que le profil,les yeux mi-clos,un sourire ineffable sur les lèvres.

Saint Benoit-Joseph naît le 26 Mars 1748 Amettes,en Artois dans une famille modeste et digne,fils de Jean-Baptiste Labre et d’Anne Barbe Grandsir.

Des parents très chrétiens,à peine sont-ils étonnés d’entendre les premiers mots bégayés par leur fils: Jésus,Marie,Joseph.

Saint Benoît était un enfant marqué de l’empreinte de Dieu,qui fit preuve dès son plus jeune âge, de vertu à nulles autres pareilles,comme le fait de glisser une tablette en bois,sous son oreiller pour le rendre moins doux.

Servir et non pas être servi.

Chapeauté par un oncle vicaire d’Ames,il sait,dès 5 ans,lire, épeler l’oraison dominicale,ainsi que la salutation évangélique,tout en faisant ses débuts de sacristain.

Bref,un enfant,un frère-ils étaient quinze frères et soeurs-parfait pour cette bonne famille,dans laquelle il montrait ses qualités d’attention,de respect et d’affection.

Certains observateurs,après sa mort,y virent les ferments de sa futur sainteté. Mais cela n’empêche pas Benoit-Joseph de se chercher et de chercher le seigneur.

Il pratiquait déjà des exercices de mortification,ne se nourrissant presque pas,s’il recevait trois noix,il en donnait deux à des pauvres.

Il ne voulait que Dieu,que posséder Dieu,rien d’autre ne pouvait l’atteindre,tout ce qui nous parait incompréhensible,inhumain,n’est pour lui que le chemin le plus sûr de parvenir au seigneur et comme il le disait,nous pouvons tout avec la grâce de Dieu.

Le père Joseph-Marie Temple,un de ses confesseurs,le comparait aux patriarches Abraham,Isaac et Jacob dans son implication dans les choses de la foi.

Pour le père Gabriani,qui fut un autre de ses confesseurs:”Saint Benoit-Joseph n’était pas seulement héroïque en une ou deux vertus,mais en toutes sans exception,soit les théologales,ou cardinales et morales.”

Essentialiter et quoad modun autrement dit, en français, Saint Benoît-Joseph fut un vrai héros de l’une et l’autre manière.

Prenons son bâton de pèlerin:

Mais où Dieu m’appelle t-il?

Un parcours compliqué,qui le mène des Chartreux en passant par la Trappe et Sept-Fonts,où il ne restera que quelques semaines,partout dans les différents monastères où il se présentait ,on le trouvait trop: trop jeune,trop fragile,trop exalté,trop exigeant dans la mortification, trop fervent.

Saint Benoit-Joseph l’a compris:

Dieu ne le veut pas établi,mais errant,marchant seul,lui proposant une vie des plus difficiles,pénitent au milieu des gens indifférents,moqueurs ou agressifs,avec pour seul interlocuteur le seigneur et cela le comble.

Mortification et eucharistie sont les deux dynamiques de Saint Benoît-Joseph mais ceux qui le croisent s’en éloigne.

Souvent,vêtu de sa seule vermine,agrémenté de quelques haillons,le plus souvent pieds nus,n’empêche pas certains,parfois,de lui trouver un air de grande majesté.

Cela ne l’empêchera de parcourir l’Europe,pendant une petite quinzaine d’années: de l’Espagne,à l’Italie en passant par la Suisse et l’Allemagne; et la dernière étape: Rome,la destination par excellence.

Une ville selon son cœur,où il mourra le 16 Avril 1783,à l’âge de 35 ans,dans la Semaine Sainte.

Ses dernières années,ses dernières demeures.

Dieu lui assigne deux lieux où son cœur s’apaisera enfin.

De Notre-Dame de Lorette à Notre-Dame des Monts et sa sainte Case.

A la mortification et l’eucharistie, il faut ajouter sa vénération pour la Vierge Marie et Saint François d’Assises du cordon duquel jamais il ne se séparera.

Il mourra à Rome donc, dans l’arrière-boutique d’un ami boucher,,un certain Zuccarelli et,à partir de là,la folie s’empare des fidèles.

On est saisi en tant que simple spectateur,quand on voit la renommée posthume dont il fut l’objet,quelque chose d’exceptionnel,d’incroyable,d’invraisemblable.

Songeons que sa renommée est arrivée jusqu’en Chine,où l’autorité de Pékin envoie une offrande pour aider aux frais du procès en béatification.

Entretemps,beaucoup de miracles et de prodiges furent accomplis par son intercession, n’en déplaise au Cardinal de Bernis,qui voulait voir dans tout ceci un complot ourdi par l’ex-compagnie de Jésus, dissoute en 1773,pour essayer de reprendre vie,en se”servant” de Saint Benoît.

Le 20 Mai 1860,après 76 ans d’informations et de procédures,et une ultime grâce accordée à Saint Benoît-Joseph: de mettre un autel et une statue de marbre dans une des arcades du Colisée,où il aimait se réfugier.

Béatifié par le pape Pie IX, le 20 Mai 1860

Canonisé par le pape Léon XIII le 8 Décembre 1883.

Cela consolera t-il Saint Benoît-Joseph de n’être que poussière et cendre?

Monique Ravel.

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