Avril 2019 – Saint Jean L’Evangéliste

JEAN L’EVANGELISTE – Le Disciple Bien-Aimé de Jésus

Comment le fils d’un pêcheur galiléen est devenu l’auteur du quatrième Evangile et surtout le disciple bien-aimé du Christ, celui qui l’accompagnera jusqu’au bout du chemin de Croix de Jésus, le seul à avoir été au pied de la Croix.

On sait que le mot Evangile signifie bonne nouvelle, une bonne nouvelle écrite par quatre auteurs différents, mais tous unis- dans un premier temps- autour du Christ.

Jean de Zébédée est né à Betshaïde, en 10 A J.C., au nord du lac de Tibériade, dans une famille de pêcheurs qui appartenait à la tétrarchie d’Hérode ; sa mère s’appelait Salmée et était peut-être la sœur de la Vierge Marie ; Jean avait un frère, Jacques, lequel suivra plus tardivement le même chemin que son frère Jean, tout en étant moins « célèbre » que son frère.

Ceux-ci, ont été avec Pierre, les seuls disciples qui accompagnèrent Jésus dans quatre évènements majeurs : on parle de la résurrection de la fille de Jaïre, de la Transfiguration, de la prophétie de la destruction du Temple, et l’agonie de Gethsémanie.

Rappelons que c’est Jean Baptiste dont ils avaient suivi l’enseignement qui leur fit rencontrer Jésus.

Dès cette rencontre, la vie de jean sera toute vouée à Jésus, lequel lui confiera même sa propre mère, Marie, qu’il accompagnera pendant une vingtaine d’années à Ephèse.

Revenons à Jean, où il a fallu mener une véritable enquête « policière » pour s’assurer que celui-ci avait bien été l’auteur du quatrième Evangile et de l’Apocalypse.

Au début, on croyait que ce travail était celui d’un disciple non identifié parmi les Douze disciples du Christ ; d’importantes recherches ont été menées par des célèbres théologiens, exégètes et presbytres qui les ont amenés à se demander comment un pêcheur pouvait avoir écrit ces textes, alors même qu’il n’aurait fait aucune étude ; le fait d’être un disciple bien aimé suffisait-il pour avoir du talent ? Pourquoi non, on sait que jean a été le témoin de la vie du Christ et inspiré par l’Esprit Saint, ce qui devait suffire pour vivre et apprécier les évènements vécus par le Christ ; tout simplement, donnons la parole à Mgr Duchesne qui, au début du siècle dernier, très récemment en quelque sorte, tout est relatif, déclarait : « Ce qui importe à l’histoire du développement chrétien, ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler la préhistoire de l’Evangile, c’est la suite de son influence sur la vie religieuse de l’Eglise ». Une fine observation, frappée au coin du bon sens, comme il est dommage qu’elle soit arrivée si tardivement ! Effectivement, si l’Evangile de Jean a « tenu » jusqu’à nos jours, ce n’est pas le fruit du hasard.

Comme ce grand historien de l’histoire ancienne de l’Eglise avait raison !

Pourtant, il faut revenir quelques bonnes dizaines de siècles en arrière, à l’époque où Jésus devait convaincre, enseigner des petits groupes d’individus qu’il était le fils de Dieu, qu’il était sur terre pour les racheter de la faute originelle et pour leur salut. Et c’est là où les écrits de Jean vont « l’aider », si l’on veut bien accepter la naïveté de cette formule. Et c’est là aussi où l’on retrouve le combat classique, tout au long de l’histoire de l’Eglise, entre hérétiques de toutes tendances, spécialement au cours des trois premiers siècles, et catholiques. Les premiers pour lesquels le salut reposait sur les forces du Mal et sur une connaissance supérieure des réalités divines, lesquels, divine surprise, seront les premiers à « s’emparer » de ce texte ; mieux encore, le fait que ce dernier Evangile soit bien différent de ceux de Matthieu, Marc et Luc, sera considéré comme une preuve de sa qualité, et utilisé, cette fois, par les catholiques contre les hérétiques de tous bords. C’était une manière de légitimer l’auteur, l’apôtre Jean devenant, peut-être celui qui avait écrit le quatrième Evangile.

Beaucoup s’en inspireront, quoi qu’il en soit, l’Evangile de Jean a acquis sa place dans l’Eglise ancienne, Saint Irénée de Lyon, vers 180, considérait l’Evangile de Jean à l’égal des trois premiers. Il aurait été écrit après l’Apocalypse entre 96 et 100 A. J.C. La transmission se faisait par prédication orale en araméen ; puis l’écriture s’imposa, en langue grecque, en Egypte notamment où les discours de Jean étaient écrits sur des papyrus, dans un style concis, sans emphase, monotone, avec une juxtaposition des propositions, en usant d’un vocabulaire très pauvre.

Clément d’Alexandrie et Irénée de Lyon se réfèrent aux premiers chrétiens qui admettaient l’existence de Jean en Asie ; parmi d’autres « supporters » l’évêque Saint Polycarpe dont Jean aurait pu être un « élève », un de ses auditeurs ; et dans tous les cas, pour les plus sceptiques, ils auraient pu se rencontrer.

Quant à l’Apocalypse, elle fut rédigée sut l’ile de Potmos où Jean séjourna. Elle est catégoriquement attribuée à Jean l’apôtre.

La force de l’Evangile de Jean reposait sur deux piliers fondamentaux de la religion catholique que sont la Résurrection et du don de l’Esprit Saint, et le baptême. Un Evangile qui aura inspiré Saint Irénée, Saint Thomas d’Aquin et Saint Jean Chrysostome.

Si la vie, et surtout l’œuvre de Jean le disciple bien aimé ont été l’objet de nombreuses études et controverses, sa mort, elle-même, est sujet à moultes discussions sur la date précise, que nul n’arrivera à donner !

Certains l’ont fait succomber de mort violente en Palestine, après l’an 50 ; d’autres lui accordent une longue vie, jusqu’à plus de 80 ans, en lui faisant connaître le règne de Trajan.

La vanité des hommes est mise à lourde épreuve, il reste tellement d’incertitudes ; seul le Christ a toutes réponses, et seule notre foi peut nous aider, avec l’aide de l’Esprit Saint à les entrevoir.

Après tout, le Christ est venu pour dialoguer avec nous et nous dire, comme le fait Dieu en adressant à Job : « Où étais-tu lorsque j’ai fondé la terre ? Raconte, si tu possèdes le savoir ! »

Monique Ravel