Juillet 2019 – Saint Hervé

Juillet 2019 – Saint Hervé

Saint HERVE, un saint très clairvoyant

Il était aveugle ;

Il était amaigri par la pénitence,

Mais il vivait joyeux, car ses yeux voyaient le ciel.

Job van Irien

La première « image » de Saint Hervé est celle où tendre et naïve à la fois, il accompagne son évêque, saint HOARDON, évêque du Laon, dans un voyage au cours duquel ce dernier lui fait part de de sa joie de l’avoir dans son diocèse et où il remercie Dieu pour cette belle amitié.

Revenons bien en arrière, où Saint Hervé ne pouvait que devenir ce qu’il était avec la grâce de Dieu et celle de son ascendance, si particulière.

Son histoire nous ramène à la Gaule, au VIe siècle, Saint Hervé naquit aux environs de 520, soit une petite vingtaine d’années après la mort de Sainte Geneviève, dans la paroisse de Plouzvédé, au lieu-dit Lanrioul.

Le premier saint bas-breton.

Saint Hervé sera le premier saint bas-breton et sa rencontre nous conduit dans une pérégrination entre imaginaire et réel, dans une région qui s’y prête si bien, entre les épaisses forêts de l’époque, la brume et la lande, les menhirs et la mer si proche et si lointaine à la fois.

On voudrait tant que Saint Hervé en ait entendu son ressac, à défaut de l’avoir vue cette mer, puisqu’il était aveugle.

Une cécité qui nous ramène à ses parents Houarvian, son père et sa mère, la belle Rivanone.

Son père, barde à la cour de Childebert, roi des Francs, et une mère orpheline de ses deux parents, reçut la visite d’un ange envoyé par Dieu, et qui leur annonce qu’une belle et pure jeune fille l’attendait et lorsque que les deux jeunes gens se rencontrèrent, ils se reconnurent immédiatement.

De cette union que certains décrétèrent chaste et d’autres non, naîtra notre futur saint Hervé, et l’explication de sa cécité par les remords que sa mère avait eu de renoncer à sa chasteté ou d’épargner à son fils la vue d’un monde si laid.

Une femme complexe qui se retrouve très vite seule, son mari partit le cœur léger, assuré qu’il était que Dieu, par l’intermédiaire de sa femme, pourvoirait à l’éducation de son fils. Bien jugé, cette maîtresse ne mettra que quelques années pour éduquer son enfant, très intelligent d’ailleurs, et qui connaissait le psautier par cœur et devint, avant d’être saint, un barde des plus inspirés, suivant en cela les traces paternelles.

Il n’avait pas dix ans lorsque sa mère lui ayant appris tout ce qu’elle pouvait lui apprendre, le confia aux moines et notamment au saint moine Arzian.

Entretemps, saint Herbé put accompagner sa mère jusqu’à sa mort et au-delà même.

Saint Hervé n’était pas seul et avait pour le guider, le jeune Guic’Haran qui figure dans la plupart des statuaires de saint Hervé ; « couple » auquel on ajoutera un loup, devenu « brebis »si l’on ose dire , lequel après avoir dévoré l’âne de saint Hervé, le remplacera ; ainsi naîtra un trio bien connu à l’époque qui parcourait la bretagne de Plougerneau, sur la côte du Léon, en passant par Lanhouarneau et Menez-Bré, hauts lieux de l’histoire de saint Hervé, sur lesquels nous allons revenir.

Saint Hervé, fondateur et abbé du monastère de Lanhouarneau

Il a dû parcourir cette partie de la région des monts d’Arrée à la Cornouaille pour chercher des subsides.

Le monastère fut enfin construit, où régnait la règle de de saint David, vœux de chasteté, d’obéissance et de pauvreté ; un monastère devenu au fil du temps une ferme modèle, aux méthodes de culture innovantes, dont on faisait profiter la population environnante, mais aussi une école, un centre de soins, un centre paroissial et un hôtel pour voyageurs de passage.

Ce monastère sera l’œuvre majeure de Saint Hervé, laquelle aura contribué à asseoir son autorité spirituelle et qui nous ramène à notre première rencontre avec l’évêque du Laon, et où leurs pas nous conduisent jusqu’à Ménez-Bré.

Le concile de Ménez-Bré

Le concile s’est tenu aux environs de 548-550. Un concile réunit, pour excommunier le préfet de la ville de Carhaix, un certain Conomor, ancien ami du père de saint Hervé, le monde est petit !

Les années passèrent, saint Hervé déclinait, tout en restant un exemple pour les moines, il continuait à guérir les malades, les boiteux et les possédés – il était exorciste, son évêque lui ayant remis les grades sacrés jusqu’à l’exorcistat, ceci jusqu’à l’heure de sa mort après que l’évêque lui ait donné les derniers sacrements, ce n’est pas un détail car saint Hoardon avait accompagné son fidèle saint Hervé tout au long de sa vie et il aurait été impossible qu’il meurt sans l’avoir revu !

On parle de « saint Hervé » car on doit rappeler que les règles de canonisation n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui et que c’était la vox populi qui en décidait.

Saint Hervé est le patron du pays de Léon, après saint Yves, sainte Anne et saint Gildas.

L’ancienneté de son culte remonte au XIe siècle ; une messe de saint Hervé est célébrée dans les diocèses bas-breton, appelée Instus UT Palma.

Il reste, entre autres, trois sanctuaires dédiés à saint Hervé, ceux de Lanrivoaré, Lanhouarneau et Saint Pol du Léon.

Car l’homme voit selon les yeux et Dieu voit selon le cœur.

Samuel I XVI, 7.

Monique Ravel

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