Septembre 2019 – Saint Jean de l’Hôpital

Septembre 2019 – Saint Jean de l’Hôpital

L’éducation : la grande passion de Jean de l’Hôpital

Jean de l’Hôpital naquit le jour de la Nativité de la Vierge Marie, mais en 1662, le 8 septembre 1662 à Bourbon Lancy, paroisse de Saint Léger.

Une date qui le réjouissait , tant était grande sa dévotion pour la Sainte Vierge.

Fils d’Adrien de l’Hôpital et de Marie Pinier, ancienne et vénérable famille originaire de Dompierre ou de Beaulon, dont un arrière grand-père fut fermier général de l’abbaye de Sept-Fons, un signe du ciel déjà !

Une belle famille apparentée aux meilleures de la région, famille qui s’éteignit au milieu du 17eme siècle.

Jean de l’Hôpital fut baptisé le jour même de sa naissance, à Saint Léger, paroisse de la famille.

Jean grandit en sagesse, intelligence et piété : sa Première Communion fut une étape déterminante dans sa vie ; toutes ses excellentes dispositions l’amèneront tout naturellement au petit séminaire.

Le petit séminaire, vers l’appel de Dieu

A onze ans, il entre au petit séminaire diocésain d’Autun. On ne saurait affirmer si celui-ci est bien celui fondé et ouvert par Mgr d’Attichy en 1658 et dirigé par les chanoines séculiers de Saint Symphorien, tant l’histoire des petit et grand séminaires d’Autun est compliquée. Toujours est-il qu’il y fait ses premiers pas, très assurés, tant dans sa sagesse, son comportement, sa piété, enfin, tout ce qui était déjà lui satisfont ses professeurs.

La vie continue par ailleurs, avec le mariage de sa sœur, événement qui lui donne l’occasion de montrer déjà un grand coeur, en se dessaisissant de sa part d’héritage pour l’aider à constituer sa dot.

Dire qu’il ne pourra même pas assister à son mariage, le règlement n’autorisant pas les sorties pour ce type d’événements.

Un moment heureux détruit par la perte de son père, deux ans seulement après avoir marié sa fille. L’heure devait arriver d’entrer au grand séminaire dont l’enseignement était assuré par les Sulpiciens qui en prendront la direction en 1680 ; mais Jean de l’Hôpital ne fera jamais le grand séminaire , à ses yeux, c’était un honneur qu’il ne méritait pas. Ses supérieurs finiront par l’admettre , il restera clerc tonsuré et commencera au nom du Seigneur son travail de précepteur et d’éducateur.

Jean de l’Hôpital n’a pas parcouru les mers, ni le monde, il est resté sur ses «  terres »et souhaitait seulement et surtout, connaître les âmes et le cœur de ses élèves ;

l’éducation était essentielle. Il est précurseur des principes éducatifs de Mgr Dupanloup  pour lequel: « Le digne éducateur est l’envoyé de Dieu, son représentant (…) c’est l’œuvre des âmes, une mission sacrée ».

Dieu l’enverra chez les de Siry ( 9 enfants) et les Challemoux (22 enfants)

deux familles apparentées , Jeanne de Siry étant la sœur de Madame Challemoux chez laquelle il sera précepteur et enseignant.

Jean de l’Hôpital eut pour maître spirituel Saint Thomas d’Aquin, théologien italien du 13ème siècle, franciscain, et dont le chef d’oeuvre la Summa theologiae bien qu’inachevée, nous dirige dans les mystères de la foi, de l’enseignement de l’écriture Sainte des Pères de l’Église : Dieu existe en lui-même, Dieu est présent à travers sa Grâce dans la vie, et dans l’activité du chrétien et des saints ; enfin, Dieu est présent dans la personne du Christ et dans les Sacrements .

Jean de l’Hôpital a bien travaillé: un des fils Siry deviendra chanoine de la cathédrale d’Autun, puis conseiller au présidial d’Autun, un autre entrera à la cour des comptes de Dijon, sa « mission » étant remplie, il part chez les Challemoux.

Lesmes ; le dernier parcours spirituel de Monsieur le chapelain de Mayeul, son nouveau titre écclésiatique

Lesmes est un endroit délicieux, situé sur un coteau incliné sur la Loire, petite commune du canton de Bourbon, peuplé de quelques centaines d’habitants.

L’église est romano-bysantine, située dans un très beau site, presque au bord de la Loire, un endroit propice qui nous rappelle, selon les vers de Lamartine, : « Faisait toucher le ciel aux plus petites mains » et aussi, « Ames tout au Christ et tout au monde » reprenant cette fois, François Mauriac.

Jean de l’Hôpital les a « saisies », lui qui désirait tout simplement leur faire le plus de bien possible. Une expression toute simple, à l’exemple de Saint François de Sales ; « il faut parler affectivement et dévotement, simplement et cordialement et avec confiance ». Pour jean de l’Hôpital « le Bon Dieu est derrière la porte du tabernacle, il y reste prisonnier parce qu’il vous aime ».

Comment aurait-il pu insuffler autant de piété à ses petits élèves s’il n’avait été lui-même très pieux ; il voulait tant les voir parfaits, en tout cas, il a fait tout ce qui était humainement et divinement possible pour y parvenir.

Il s’occupait aussi des paroissiens, il faisait preuve, envers tous et envers les plus démunis, d’une belle charité, « d’une charité parfaite » selon le précepte de l’Evangile : malades et pauvres étaient l’objet de tous ses soins, leur donnant ses maigres revenus. Il sut honorer les pauvres sans affectation dans son affection.

Jean de l’Hôpital attendait le Seigneur, il voulait tellement communier avec lui qu’il s’imposait des mortifications répétées telle le jeûne, dormant le strict minimum, et portant même un cilice sous ses vêtements, fabriqué avec du fil de fer, composé de 40 petits anneaux retenus par un crochet et qui martyrisait, jour après jour, son corps, le faisant saigner régulièrement, communiant ainsi au sang du Christ.

Par beaucoup d’éléments, il nous rappelle Saint Benoît Joseph Labre. Tous les deux détestaient que l’on reconnaisse leur mérite et recherchant la compagnie des gens simples.

Comme Saint Benoît Joseph Labre qui ne se séparait jamais du cordon de Saint François d’Assise, Jean de l’Hôpital portait un reliquaire contenant un petit os de Saint Léger, évêque d’Autun, et parrain de l’église de Bourbon, celle là même où il fut baptisé.

Mais l’heure n’est plus au baptême mais aux derniers sacrements ; c’est à genoux et en extase qu’il reçoit le Saint Viatique et s’éteint le 6 avril 1695.

Il avait 32 ans.

L’esprit de Jean de l’Hôpital est resté vivant pendant de nombreuses décennies. Sur sa dépouille, qui reposait dans une fosse, dans l’église, du côté de l’Evangile, fut apposée une pierre de marbre où il était inscrit que Jean de l’Hôpital, Grand Serviteur de Dieu, est mort en odeur de sainteté.

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