Mars 2020 – Saint Patrick

Mars 2020 – Saint Patrick

                                      Saint Patrick

Apôtre et Evangélisateur de l’Irlande

Voici saint Patrick, saint patron de l’Irlande, chrétien d’origine gallo-romaine, moine et missionnaire, né vers 385 dans une ville qui s’appelle Daventry aujourd’hui ; mais qu’il y a-t-il de commun entre ces deux statuts ? entre la vie monacale faite de solitude, de recueillement, de prières et la vie d’un missionnaire qui va chercher les âmes à ramener au Seigneur, allant partout où le mène les exigences de la foi ; la réponse est toute trouvée, Dieu Lui-même, qui en a choisit certains, pour évangéliser cette belle île  d’Irlande, avec ses paysages escarpés dans les vents, les brumes et ses habitants à son image, chrétiens venus de Bretagne et d’Irlande, appelés Celtes à l’époque, vers le  VI siècle. Une île où l’on colportait  des histoires de cannibalisme et de relations incestueuses, même le très sage Saint Jérôme, en avait fait état; bref, une réputation qui la mettra à l’abri des invasions Barbares, mais ce qui n’empêche   pas les pirates Irlandais eux mêmes, de débarquer sur les côtes d’Angleterre, pour ramener des esclaves en Irlande. Parmi ces esclaves, notre futur Saint Patrick, tout juste âgé de seize ans, dont on sait seulement que son grand père était prêtre, à l’époque où ceux-ci pouvaient se marier et son père Calpurnius était diacre et collecteur des impôts de l’Empire, dans le civil. Revenons à Patrick, lequel ne connaissait pas Dieu, mais le Seigneur le connaissait et lui a donné cette épreuve de la captivité six années durant, au cours desquelles, il se retrouva gardien  de troupeaux ; et c’est là qu’il prend le goût de la prière.

Une captivité salutaire au vrai sens du terme, car elle le conduira à la rencontre de Dieu. Écoutons-le : »Chaque jour je faisais paître, et fréquemment dans le jour, je priais (…) De plus en plus me venait l’amour de Dieu (…) en un seul jour je disais jusqu’à cent prières et presque autant la nuit (…) L’Esprit bouillonnait en moi». Devant tant de bonne volonté, le seigneur aida Patrick à s’évader, il reprit la mer et arriva après moult  péripéties, sur les côtes de la Gaule, plus précisément en Gironde.

 Dieu était dans son âme. D’autres épisodes très mouvementés, l’attendaient encore, il fut à nouveau capturé par des Gaulois, cette fois ci, il sera acheté par des chrétiens et finalement, enfin, libéré !

On le retrouve au monastère de saint Martin de Tours où sa piété et ferveur en firent un moine exemplaire ; il rencontre le futur Saint Germain, évêque d’Auxerre, qui le prend alors sous sa protection.

 Le futur saint Patrick se sentait parfois plus missionnaire que moine, mais une fois ses hésitations levées, l’évêque d’Auxerre l’enverra à Rome où les lettres d’accréditation qu’il présentera au pape Saint Célestin, le décrivent comme « Un homme fort et apt à faire la moisson du Seigneur: »

Le futur saint Patrick fit la conquête du pape, qui, bénira avant sa mort ses travaux.

Dieu mène les âmes par différentes voies (1. Cor.X11. 4)

La moisson du Seigneur, n’allait pourtant pas de soi, car saint  Patrick, devenu évêque  dû montrer toute son habileté et savoir-faire pour imposer le christianisme, malgré les Druides, et plus tard avec eux  ainsi qu’avec les Bardes qui avaient beaucoup d’influence.

 Il réussit, selon les termes de Daniel Rops  « A substituer le druidisme par le catholicisme, par le jeu d’une libre concurrence et par la manifestation d’une puissance spirituelle et miraculeuse supérieure. »

Saint Patrick se battait sur tous les fronts, participant à toutes les assemblées des chefs et guerriers  de l’Hibernie, inspiré qu’il était par l’Esprit Saint.

 Nombre d’entre eux se convertiront, d’autres encore lui offriront un monastère, appelé Sabhall Padrigh (grange de Patrick) où l’évêque célébrera sa première messe sur le sol irlandais. Ce que l’on sait peut être moins, c’est que Saint Patrick fera notablement baisser la traite des êtres humains menée par les pirates bretons  et scots – ainsi appelait-on  les Irlandais à l’époque.

 L’esclavagisme perdurera jusqu’au dixième siècle entre l’Angleterre et l’Irlande.

 Saint Patrick poursuivait sa mission évangélique, nomma beaucoup d’évêques, obtint l’érection canonique, en 444 de l’église d’Armagh.

Peu à peu l’Irlande cesse d’être le foyer de l’idolâtrie païenne, on pourrait parler d’une œuvre d’évangélisation à domicile si l’on peut dire. Patrick, n’est plus un étranger, il parle la langue du pays, et le jour où les bardes entreront dans les monastères, ce sera au son de leurs harpes. Un travail de réunification, qui permettra de surnommer l’Irlande, l’île des saints.

Sur cette lancée, un très grand nombre de monastères vont être créés, plus d’une centaine, en moins d’un siècle avec au début, du moins, une certaine liberté d’installation, les uns au fond des forêts, d’autres à la campagne, certains moines emmenant même leurs femmes.

 Le cœur et les sentiments religieux, sont brulants d’ardeur, tout ceci, dans une certaine effervescence, sans la discipline et l’ordre nécessaire, qui seront rétablis vers l’an 500.

 Le grand siècle du monachisme arrive vers 520.  A cette époque, les monastères étaient de véritables petites villes entourées d’une immense enceinte faite d’énormes pierres, abritant des dizaines de petites cabanes, regroupées autour de l’église, seule construction en dur.

Chaque moine avait donc sa petite cabane, avec pour mobilier un lit recouvert de peaux, pour oreiller, une pierre recouverte d’un peu de paille et pour lampe, un roseau plongeant dans du suif.

L’organisation leur permettait de vivre dans l’autarcie la plus parfaite, certains étaient maçons, d’autres cuisiniers, professeurs, etc.

Dans la vie quotidienne, les moines étaient sous la férule de l’Abbé, qui faisait régner une discipline de fer, parfois même à coups de fouet et pourtant, les vocations étaient nombreuses, la vie était terriblement rude : quelques heures de sommeil, plusieurs jours de jeune complet, des centaines de génuflexions par oraison, certains plongeant dans l’eau glacée de l’océan ou des lacs, tout en récitant le psautier dans son entier et puis beaucoup pratiquaient : «La prière  de la croix », c’est à dire qu’ils priaient les bras tendus en forme de croix pendant des heures , à tel point que les oiseaux venaient s’y poser ! 

Saint Patrick, aura été le premier Saint irlandais et aura défriché les voies qui mènent à l’évangélisation. Par delà les océans, au pays des scots l’actuelle Ecosse, avec le monastère de Bangor, fondé par saint Comgall, toujours en Ecosse celui de Kentigen, fondé par Saint Ninian .        

On ne peut parler de l’histoire de l’évangélisation de l’Irlande sans évoquer au moins un autre très grand Saint, Colomban, qui  aura installé les abbayes de Darrow et de Londonderry. On sait que Colomban s’embarqua avec douze moines de Clonard, ils partirent à l’extrême pointe de l’Ecosse, pour bâtir le monastère d’Iona, qui deviendra une pépinière d’évêques, avant de rejoindre en 595, les côtes de la Gaule, de la traverser dans toute sa largeur pour se retrouver dans les Vosges où ils fondèrent le grand monastère de Luxeuil.

L’évangélisation des moines celtiques leur aura fait traverser maintes et maintes fois l’océan, mais la situation est bien différente, car ce n’est plus pour ramener de la main d’œuvre, mais pour porter la parole du Seigneur à leurs « cousins » bretons. Ainsi, va s’établir peu à peu entre les Celtes de Grande Bretagne, ceux d’Irlande et d’ Armorique, une certaine fraternité, pour ne pas dire une fraternité certaine ; fraternité illustrée de grande manière par Saint Corentin,  qui fut le premier évêque de Quimper, Saint Sanson, fondateur de Dol de Bretagne, saint Malo, saint Gildas, saint Guénolé. Il est temps de retrouver saint Patrick, qui quittera cette terre aux environs de 461, pour rejoindre le Seigneur, qui lui aura permis de voir ici bas, l’œuvre de ses fils spirituels. Dieu lui aura accordé une dernière grâce, en lui révélant l’endroit de sa sépulture sur terre, le cimetière de Down.

 « Plaise à Dieu, que mes fils me dépassent en œuvre de bénédiction et en fruits de salut ! Ce sera ma gloire. Extrait de la Confession de saint Patrick.

L’Irlande ne l’oubliera jamais, car c’est à lui qu’elle doit son emblème : le trèfle à trois feuilles, symbolisant l’Esprit Saint, qui aura toujours accompagné Saint Patrick.

Monique  Ravel

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