Juillet 2020 – Saint Benoît

Juillet 2020 – Saint Benoît

Le Patriarche Saint Benoît

Fêté le 11 juillet

« Il y eut un homme que sa vie rendait vénérable ; son nom, Benoît, était d’un béni de la grâce » Saint Pape Grégoire Le Grand Docteur et Père de l’Eglise dans ses Dialogues, Livre II

Saint Benoît naquit à la fin du V ° S, entre 470 et 48O à Norcia, petite ville d’Ombrie, en Italie, dans une famille de la bonne noblesse romaine ; ses parents, dont on ne connaît que les prénoms, Eupropre, son père, et Abondance sa mère eurent aussi une fille Scholastique qui se consacra, à l’exemple de son frère Benoît, dès son plus jeune âge à Dieu, et fondera par la suite un monastère pour femmes. On ne peut que regretter d’avoir aussi peu d’informations sur des parents dont les deux enfants sont devenus Saints.

Et on ne peut que se louer d’avoir grâce au Saint Pape Grégoire Le Grand, les seules vraies sources de la vie de Saint Benoît, relatée dans le second Livre des Dialogues, qui furent d’ailleurs écrits une petite cinquantaine d’années après la mort de Benoît. Ce dernier fut envoyé à Rome pour y faire son Droit et étudier l’art de la Rhétorique. Son séjour à Rome, ville fastueuse, encore épargnée par les invasions des Barbares, fut une réelle épreuve pour ce jeune garçon, qui selon certains, portait dans son cœur d’enfant la maturité d’un vieillard. Pour lui, Rome était dans les mains de Satan, il lui fallait fuir ce lieu, physiquement, il avait tant besoin de calme pour se recueillir afin de retrouver Dieu pour mieux le servir.

Benoît prend l’habit monastique

Benoît quitta donc ce lieu de perdition pour son âme, pour trouver refuge dans une région montagneuse près de Subiaco, dans la vallée de l’Anio, il y restera trois ans. Cette belle région abritait de nombreuses grottes, il en choisit une, dans laquelle il se croyait bien tranquille, il ignorait qu’il y avait un monastère pas trop loin, avec des moines dont un certain Romain, qui va jouer un rôle décisif dans le cheminement spirituel de Saint Benoît. Romain donc, le prit en affection, lui donnant son pain quotidien, expression à prendre dans toute l’acception du terme et, pour l’anecdote, l’avertissait de sa présence, en faisant sonner une petite clochette, avant de suspendre le dit pain au bout d’une corde, que Benoît faisait ensuite remonter.

Le diable qui est malin s’amusa un jour à couper cette corde, avertissant en quelque sorte Benoît de ses mauvaises intentions , quant à Romain, le comportement de Benoît l’avait convaincu de la sincérité de cet adolescent, vivant pour et dans le Christ, d’une manière tellement spartiate, imaginons Benoît vêtu de peaux de bêtes , souffrant de la faim, de la soif, de la chaleur et du froid, pendant plusieurs années. Le seigneur était en lui et Romain lui donna la melote de peau, qui illustrait son état de religieux ; par contre, nul ne sait si Saint Benoît est devenu prêtre par la suite .L’attrait de ses pensées séduisait beaucoup ses voisins, petit peuple de montagnards et de bergers, qui comprit vite que cet homme était d’essence divine ; la rançon du « succès » mit fin à sa vie de moine ermite et le ramena dans la compagnie des hommes. L’occasion lui fut fournie par la mort de l’Abbé d’une petite communauté monastique installée à Vicovaro, et cédant aux supplications des moines qui vivaient là il en prit la direction ; la situation dégénéra très vite, car, ils n’apprécièrent pas du tout la discipline établie par Saint Benoît et essayèrent tout bonnement de l’empoisonner! On le pria au cours d’un déjeuner de bénir et de goûter le vin, et au moment où Benoît faisait le signe de la croix sur la carafe elle se brisa, Benoît compris alors que Dieu avait arrêté la main de Satan; il leur pardonna, mais les quitta aussitôt pour retourner à Subiaco et à sa chère solitude.

Cet épisode le fit réfléchir sur la vie monastique, que signifiait-elle pour ces moines? N’était ce que la possibilité de s’évader en quelque sorte, voire de se cacher, car l’on sait très bien qu’à cette époque, la plupart étaient des laïcs, pas nécessairement animés par l’amour de leur prochain. Il ne suffit pas de vivre en ermite pour être un bon chrétien, encore moins pour essayer d’atteindre la perfection ; l’épisode de Vicovaro démontrait à l’envi tout ces manquements à l’exigence de la vie monastique, la seule qui comptait vraiment, et qu’il lui appartenait de la structurer et de la magnifier !

Structurer la vie monastique

La plupart des postulants à la vie monastique était animéedes meilleures intentions, il ne fallait donc pas laisser agir une petite frange d’individus ne respectant rien. Réinstallé à Subiaco, douze monastères furent peu à peu établis, comprenant chacun douze moines, chacun sous la règle d’un Abbé, tous lui devant obéissance. Saint Benoît choisissait ainsi le cénobitisme, c’est à dire des moines, vivant en communauté, plutôt que des moines vivant dans la solitude, en ermite.

L’on retrouve Saint Benoît au Mont Cassin, son départ de Subiaco, représentait selon les propres termes de Dom Herwegen, Abbé de Maria Laach, un tournant décisif. L’établissement dans ces lieux ne devait rien au hasard, situé à une bonne centaine de Kilomètres de Subiaco, dans la vallée de l’Iri, on arrivait aux pieds d’une muraille à flanc de montagne, toujours plus haut, on découvrait les vestiges d’une ancienne citadelle, laquelle selon certains aurait été un ancien temple dédié à Jupiter et pour d’autres à Apollon.

Beaucoup d’auteurs voient dans l’installation de Benoît dans cet ancien temple un signe du destin, ni plus ni moins que l’anéantissement de la culture païenne et la place retrouvée du christianisme. Le temple avait encore de beaux restes qui furent promptement abattus par une équipe de moines faisant office de maçons et autres corps de métiers, et sur lequel on édifia une basilique dédiée à saint Martin de Tours, un des ardents défenseurs du monachisme à l’occidental et dont s’inspira Saint Benoît, qui avait aussi beaucoup étudié les écrits de l’Abbé Jean Cassien, ceux des Pères du désert comme Saint Augustin. L’abbaye du Mont Cassin sera la première abbaye en Occident.

Magnifier la vie monastique dans l’humilité

 Le seul joug auquel il consent est l’amour du christ

La Règle de Saint Benoît est dictée par l’amour et l’humilité, les moines doivent former une communauté familiale sous la direction de l’Abbé, chef de cette société. La vie intérieure est réglée au millimètre près. Saint Benoît est un vrai législateur, n’avait-il pas étudié le Droit dans son jeune temps à Rome. Ainsi Saint Benoît écrivit un code de lois connu sous le nom de la Règle des monastères comprenant un Prologue et près d’une centaine de chapitres. Tout d’abord, Benoît choisira parmi les moines ceux les plus à même de devenir prêtres, le tout reposant sur la prière et le travail, l’autre manière de prier. Le travail doit permettre d’assurer la subsistance de tous, sur un plan matériel et spirituel, car les moines ont aussi un rôle d’éducateurs auprès des jeunes enfants qui leur sont confiés, et souvent donnés à Dieu par leurs parents, on les appelle les oblats qui deviendront à leur tour des moines.

La Règle de Saint Benoît, organise l’ensemble des composants de la vie contemplative et celle-ci, selon les termes de Grégoire Le Grand : « Le Saint homme ne pouvait enseigner autrement qu’il ne vivait ».Saint Benoît était un législateur, mais avant toute chose, il était un Père, représentant de Dieu sur terre, Abba, Père spirituel des moines; chaque moine peut, d’ailleurs, devenir Abbé,si la dignité de sa vie le permet et tous les moines sont égaux entre eux. Le rang dépend de leur ancienneté. Pour un Père, au sens religieux du terme, l’idéal de la Famille est principalement : «  Que les moines se prévalent d’honneur les uns les autres (…) qu’ils supportent avec une grande patience les infirmités d’autrui, soit corporelles, soit spirituelles(…) qu’ils ne préfèrent absolument rien au Christ(…) ».

L’humilité, est l’autre aspect de la vie monastique, le signe des élus selon le Saint Pape Grégoire Le Grand. On voudrait tant que Saint Benoît nous laisse dire à sa place, sans fausse modestie qu’il a donné à la vie monastique toute sa substantifique moelle.

Il s’est, selon ses propres termes, hâté vers la patrie céleste, il est dit qu’une vision lui révéla le jour de sa propre mort, il communia dans la basilique Saint Martin avant de rejoindre le Père un Jeudi Saint, autour des années 547/549 selon les auteurs, son corps avait pris place dans un premier temps auprès de sa sœur sainte Scholastique, qui l’avait précédée de peu. Leur cheminement affectueux et spirituel ne prendra jamais fin, même s’ils furent séparés par la main de l’homme, en l’occurrence celle des Lombards, envahissant la région. Sa sainte dépouille fut ramenée en France vers 673 au monastère de Fleury sur Loire où repose désormais Saint Benoît.

Monique Ravel

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