Sainte Elizabeth de Hongrie Novembre 2020

Sainte Elizabeth de Hongrie Novembre 2020

Fêtée le 17 Novembre

« La seconde Sainte Claire » Montalembert.

   Il était une fois au royaume de Hongrie, une jeune enfant, dont la pureté  égalerait un jour, la sainteté qu’elle mettra en toute chose, pour la gloire de Dieu et l’amour de ses semblables,  illustré par une vie vouée aux plus pauvres d’entre eux.

    La brièveté de sa vie, de sa naissance en 1207  à sa mort  en 1231, en fait la plus brève et brillante des parenthèses, sur le plan spirituel qui soit ! Une noble et sainte lignée : Elizabeth était la petite fille du Grand Duc de Carinthie, la fille d’André II, roi de Hongrie et de Gertrude de Méranie,  mais aussi la nièce de Sainte Hedwige, ainsi que la cousine germaine de Sainte Cunégonde et de Sainte Marguerite de Hongrie. Cette parenté vertueuse, attira toutes les cours environnantes; notamment celle de Thuringe, en la personne de son landgrave, qui demanda la main d’Elizabeth pour son fils Louis, appelé à lui succéder. Ses parents, acceptèrent aussitôt et l’envoyèrent en Allemagne, à la cour de Thuringe où elle rejoignit le château de la Wartburg pour retrouver son futur époux, lequel avait tout de même quelques années de plus qu’elle.

    Les deux enfants furent élevés ensemble, s’entendirent à merveille, un petit miracle de la vie, un premier cadeau que Dieu faisait à Elizabeth. Hélas, elle n’avait pas que des amis dans sa belle- famille. A la mort de son beau-père, elle passa sous la coupe de sa belle-mère qui n’appréciait pas les manières de sa bru.

   Songez que cette petite jeune fille, brûlait toutes les étapes de la sainteté, par son profond amour du Seigneur, manifestait en toute occasion l’humilité chrétienne et l’esprit de pauvreté, qu’elle avait tout naturellement dans son cœur! Elle allait à la messe tous les jours et désirait plus que tout, être aussi pauvre que possible. Cette jeune femme, qui venait d’épouser Louis,  en 1220, ne venait pas prier comme la jeune reine qu’elle était, mais comme la plus pauvre d’entre les pauvres, comment se présenter décemment  devant le Christ couronné d’épines, si ce n’est avec les vêtements les plus modestes  possible ! Sa vie de reine ne se passait pas sans encombres, obligée souvent de se cacher pour aider ses sujets, allant même jusqu’à laver les malades, donnant sa robe, plus exactement son manteau à un misérable qui, jusqu’aux marches du château, venait demander du pain.

                                                       Un soutien royal  

   Son mari était très pieux également, il n’est pas devenu saint, mais il a toute sa part dans la Sainteté de sa très chère Elizabeth, il était  d’ailleurs son seul soutien au sein de sa famille. Il représentait aux yeux de son épouse  l’image du Sauveur, Epoux de l’Eglise et, malgré cela elle était affligée d’un  confesseur dont elle  respectait à la lettre les douze maximes, un confesseur particulièrement dur avec elle, la privant même de  la joie de donner toujours plus aux pauvres, alors   même qu’il professait le contraire ! Il lui demandait, il exigeait plutôt qu’elle renonçât aux consolations humaines,  qu’il lui fallait souffrir pleinement le mépris au sein de la pauvreté volontaire, ce qu’elle mettait admirablement en pratique sans nul besoin d’être dirigée et malmenée. Les caractères optimistes y verront la main de Dieu destinée à la conforter davantage dans l’obéissance qu’elle Lui devait. Elle s’y soumettait pleinement, toujours de belle humeur, de grande douceur, elle ne désirait qu’être la servante de ses servantes, se  faisait flageller par ses dames de compagnie, il est évident que tout cela ne pouvait qu’étonner son entourage.

  Un jour, son époux, la croisant dans un des corridors de leur château et la voyant fort chargée, ouvrit lui-même son ample manteau, et y trouva de merveilleuses roses, fleurs inattendues en cette saison, il comprit immédiatement les choses et ne doutera plus jamais . Le Seigneur d’ailleurs lui enverra un autre signe de Sa présence auprès d’Elizabeth, où avertit par sa mère de la venue d’un inconnu dans leur chambre et pire encore dans le lit conjugal, il y apercevra le Christ crucifié!

  Quoi de plus délicieux que ce jeune couple, aimé de Dieu, un amour récompensé par la naissance de quatre enfants. Pourtant, le bonheur sur terre s’arrête là, brutalement, ce dernier enfant ne connaîtra jamais son père,  celui-ci parti pour les Croisades avec l’empereur Frédéric II ne revint jamais ; sa route s’arrêtera en Sicile, où il mourra du choléra.

   Elizabeth entretemps, avait rejoint les Fils de Saint François d’Assise, fondé un couvent et était entrée dans le Tiers Ordre Franciscain. Elle termina son existence de la façon à la fois la plus misérable et la plus merveilleuse possible pour celle qui voulait être une fille de la très Sainte Vierge, et avoir pour modèle Saint Jean l’Evangéliste. Certes, elle fut rétablie dans ses droits et retrouvera son patrimoine qu’elle abandonnera à ceux qui en avaient réellement besoin, puis elle attendit l’appel du Seigneur, elle eut l’immense bonheur de pouvoir guérir des malades , de détourner certaines âmes du péché et le Seigneur, comme  il fait souvent avec ses enfants préférés, lui apparu  dans un songe pour la rassurer et lui donner un dernier rendez-vous, fixé à l’octave de la Saint Martin,  ce Saint si célèbre pour avoir partagé son manteau avec un pauvre . 

« Silence » aurait-elle dit avant de rejoindre Dieu; ne  voulait- elle pas entendre la multitude des petits oiseaux venus avec Saint François  l’accompagner vers son ultime destination ?

   Elle ne nous a jamais quitté,  bon nombre de prodiges furent accomplis juste après ses funérailles, elle sera canonisée par le pape Grégoire IX, quatre ans seulement après sa mort, un 26 mai 1235, jour de Pentecôte et il accordera à tous les fidèles vraiment pénitents qui visiteraient son tombeau, une indulgence d’une année et quarante jours.

  Beaucoup de manifestations divines accompagnèrent la mort de Sainte Elizabeth de Hongrie.

   Ainsi nombre de paralytiques, d’aveugles, de sourds, de lépreux furent-ils guéris après leur venue auprès de la tombe de Sainte Elizabeth, dans la chapelle où elle reposait avant d’être transférée à Marbourg, dans l’église qui lui fut dédiée. 

Monique Ravel

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