Décembre 2020 – Le Bienheureux Charles de Foucauld

Décembre 2020 – Le Bienheureux Charles de Foucauld

                                                                                                                                                                                                               

                                       Le Bienheureux Charles de Foucauld

                     « Tu ne Me chercherais pas si tu ne M’avais déjà trouvé »  Pascal.

    Cette phrase, résonne dans nos cœurs lorsqu’on pense à Charles de Foucauld, car derrière cette vie tumultueuse et tourmentée, se cache la recherche éperdue de Dieu, recherche qui le mènera jusqu’au Sahara, où, en 1879  la France commençait la conquête de ce pays et lui ses débuts d’officier,  et dès lors il eut la révélation qu’il était arrivé dans sa terre promise et que ses habitants allaient devenir ses frères. Il y  mourra assassiné par l’un d’entre eux, Jésus n’a-t-il pas été trahi lui aussi, peut être était-ce son souhait, tant son seul désir était de vivre dans la plus parfaite Imitation du Christ.

   Il naît dans une famille de la très grande aristocratie, ses ancêtres remontent aux premières Croisades, son père Edouard, Inspecteur des Eaux et Forêts et sa mère Elizabeth de Morlet, qui donne naissance à deux enfants : Charles naît le 15 septembre 1858 à Strasbourg et Marie. Une enfance à peine esquissée, leur mère mourra à 34 ans, Charles n’avait que six ans, les deux enfants furent élevés par leurs grands parents maternels, une rude tâche attendait son grand père, le colonel de  Morlet, ancien polytechnicien, pour mener à bien l’éducation de son petit-fils. Celui-ci avait reçu les grâces du Seigneur par l’entremise de sa mère, dame très pieuse, qui avait donné à son fils un petit autel devant lequel Charles apprit à prier. Bref, son grand-père l’enverra chez les Jésuites, où il préparera le concours d’entrée à Saint Cyr, il en  sortira 82 ième sur 412 élèves.

   Le voilà sous-lieutenant à Saumur, où la vie pour un très riche jeune homme de bonne famille, était pleine de tentations auxquelles, il ne résista pas et avant d’être mis en congé pour sa conduite extravagante, son régiment fut envoyé à Sétif, en Algérie. Ce sera son premier contact avec le peuple arabe, qui marquera à tout jamais son attachement pour ceux qui deviendront ses frères arabes.

   Revenons à ses jeunes années, Charles croit avoir perdu la foi, il évoluait dans un milieu intellectuel brillant mais athée ses lectures ne l’orientaient pas vers Dieu, il préférait Voltaire et Montesquieu à Bossuet, Pascal ou Lacordaire. A quoi serait dûe cette fracture, alors que ce garçon est très intelligent, aux dires mêmes du général Michel de Suremain, président des Amis de Charles de Foucauld. Peut-être la perte d’une mère vénérée aurait-elle favorisé cet abandon provisoire de Dieu ; mais son éloignement du Seigneur allait lui permettre de mieux le retrouver, par la suite.

                       La conversion de Charles de Foucauld, le 30  octobre 1886.

   Ses retrouvailles avec Dieu ne durent rien au hasard, qui les confia aux mains de l’Abbé Huvelin, vicaire de son état, homme exceptionnel : Agrégé de Philosophie, Licencié de Grec  d’Histoire, et de Théologie, et sera celui qui murmura à l’oreille de Charles, tout au long de leurs deux vies, lui intimant l’« ordre » d’aller se confesser avant toute chose. Revenons à cette étape majeure de la vie de Charles, qui lui a donné une assise pour retrouver Dieu qu’il cherchait tant! De retour après un de ses nombreux séjours au Maroc  ainsi que dans le Sud Tunisien et Algérien, parlant parfaitement l’Arabe et l’Hébreu, le revoilà à Paris, installé rue de Mirosménil, non loin de l’église Saint Augustin où l’abbé célébrait  la messe tous les matins, le voilà sur le point d’entrer et de murmurer: « Mon Dieu, si vous existez, faites que je Vous connaisse, et il poursuit, l’Islam a produit en moi un profond bouleversement… La vue de cette foi, de ces âmes vivant dans la continuelle présence de Dieu m’a  fait entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines.»

    En fait, la tentation de l’Islam lui aura permis d’aller à la rencontre de notre Dieu chrétien…La clé de tout, c’est la foi et pour l’Abbé Huvelin : « lorsqu’on veut convertir une âme, il ne faut pas la prêcher, Il faut lui témoigner qu’on l’aime. » ajoutait cet homme merveilleux qui ne pouvait faire que des merveilles dans le cœur du Bienheureux Charles, balayant son scepticisme, l’incitant à aller à l’essentiel, à se confesser. Ainsi, comme le disait récemment notre curé, lors de son homélie  à la messe du Christ Roi : «Notre âme peut épouser l’esprit de Dieu.»

    La confession, va remplir son cœur de légèreté et surtout de la certitude absolue  quant à sa propre  foi, Il ne croit pas il sait. C’est un miracle aussi sûrement, que les miracles auxquels les saints nous ont habitués. Cette certitude, va le conduire à entreprendre son premier pèlerinage en Terre Sainte : Jérusalem, Bethléem, Nazareth, quoi de plus magnifique!

   De retour sur le sol Français, il a plus que jamais besoin de prier, il va faire des retraites fermées  chez les Bénédictines, mais aussi  à Soligny, à la Villa Manrèse  chez les Jésuites, à la trappe, Notre Dame des Neiges, où il va prendre le nom de Frère Marie Albéric. Maintenant que frère Marie Albéric se sent parfaitement rassuré sur le plan spirituel, il ne se sent pas à l’aise dans les « habits » de trappiste ou d’ermite, il ne veut qu’une chose  être à l’Image du Christ. Il pense que Sa volonté lui demande de créer un ordre à sa convenance, composé de moines  qui vivraient de leur travail en s’inspirant le plus fidèlement possible de la vie de notre Seigneur. Réalistes et prudentes, les hautes autorités ecclésiastiques lui demandèrent d’aller à Rome étudier la théologie pendant deux ans.

   Tant de choses l’assaillent, qui entraînent beaucoup de tergiversations sur sa vocation; est-il digne d’être prêtre ? Est-ce bien la volonté de Dieu ? 

   Il va réfléchir encore longtemps, n’avait-il pas rencontré Dieu sur les chemins de la Palestine : « Don d’une intimité exceptionnelle qui semble lui avoir été accordé comme le trésor à puiser à jamais (…) il sent le baiser des lèvres de Jésus sur son visage(…) Sa main qu’il lui permet de tenir longuement (…)Il voit Jésus (…) Il sent  physiquement battre le cœur du Christ contre lui ».

                         Le 9 juin 1901, ordination de Charles de Foucauld.

   En la cathédrale de Viviers, Monseigneur de Montéty célèbrera l’union mystique du Bienheureux Charles au Christ, en présence de Monseigneur Bonnet,  le premier à avoir soutenu Charles dans son projet d’Union des Frères et Sœurs du Sacré Cœur de Jésus.

                                              L’Evangélisation par l’Exemple.

   Désormais prêtre du diocèse de Viviers, demeurant prêtre « libre », c’est-à-dire autorisé à vivre seul ou avec d’autres. Il s’installe au sud du Sahara, dans l’intention d’évangéliser les populations marocaines, mais les évènements en ces temps de colonisation, le firent choisir d’aller plutôt dans l’oasis de Tamanrasset, au Hoggar,où il accompagnera une mission française dans la région. Choix fait en plein accord avec l’abbé Huvelin et le préfet apostolique du Sahara.

      Ancien officier de Cavalerie, moine, trappiste,  prêtre, Charles de Foucauld ne souhaitait plus qu’une chose : Etre saint parmi les Touareg. Ecoutons le encore : « Je suis ici non pas pour convertir, mais pour essayer de comprendre. Dieu accueillera au Ciel ceux qui furent bons et honnêtes, sans qu’il soit besoin d’être catholique romain.» Il se veut le Frère universel et comme tel, combattra avec le soutien de l’Eglise, l’esclavage qui régnait en ces lieux. Sa vie de tous les jours ne lui laisse que peu de temps pour ses Tête – A -Tête avec le Seigneur. II s’occupe de tous et commence sa journée à l’aube, et même ainsi, il n’a pas le temps parfois de dire les Laudes! les Touareg s’étaient sédentarisés, ils cultivaient la terre et Tamanrasset eut quelque temps l’allure d’une petite ville de province française, pacifiée en grande partie grâce au travail de fourmi de Charles, qui  apprit même la couture, chez une parente lors d’un de ses derniers séjours en France, pour l’apprendre à son tour, à des femmes touarègues, Il  transmettait son savoir, ce qui ne l’empêcha pas de terminer la copie de six mille vers de poésie touarègues ainsi qu’une traduction de l’évangile dans cette langue.

   Mais au milieu de cette oasis de calme, l’ennemi veillait et les traîtres encore plus.  Grand nombre de peuplades indigènes s’affrontaient, Il fallait être un saint, ou presque comme Charles, bien qu’ancien militaire pour croire à un miracle, et à un rétablissement de relations pacifiées entre les différentes factions. Il n’y eu pas de miracle, Charles de Foucauld le savait bien au fond de lui-même.

                                                       Le 1 décembre 1916.

On frappe à la porte du fortin qu’il avait construit de ses mains, il ouvre sans méfiance, pensant que c’était  le courrier hebdomadaire, une main l’agrippe, celle du traître, El Madani, à qui Charles avait procuré tant de bienfaits, le tire à l’extérieur du bjordj, la confusion règne entre les  assaillants sénoussistes – selon certaines sources – il devait être kidnappé, et servir de monnaie d’échange, soudain on entend des bruits de galop, paniquée, la sentinelle chargée de surveiller le Père, croyant que les soldats français venaient  le sauver,  le tue immédiatement , il avait 58 ans.

Le Bienheureux Charles de Foucauld, avait demandé à être enterré là où il mourrait, cela ne fut pas possible et son corps sera  ramené à El – Goléa, près des Pères Blancs.

   « Charles de Foucauld est un homme qui ne cesse de naître. Il apparaîtra demain comme l’un des plus purs spirituels français de ce siècle et, sans doute, comme un saint ». Jean Guitton, de l’Académie Française.

   Charles de Foucauld, a été déclaré Vénérable En Avril 2001. Béatifié en 2005, par le Pape Benoît XVI, il sera canonisé dans les meilleurs délais, après l’autorisation  donnée par le Pape François, le 26 Mai 2020 à la Congrégation pour la Cause des Saints, de publier un décret reconnaissant un miracle attribué au Bienheureux.

Monique Ravel

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