Janvier 2021- Saint Jean Bosco

Janvier 2021- Saint Jean Bosco

Fêté le 31 Janvier

            Prêtre,  Educateur et Fondateur de la Société Salésienne

«Tiens, mon petit Jean, tu vois ce troupeau : et bien, je te le confie… Mais comment  ferais-je, Madame, pour le garder et prendre soin de tant de brebis et d’agnelets? Je n’ai pas de pâture où les conduire… Ne crains rien, je veillerai sur toi et t’aiderai.» Tel fut le début des « conversations » entendues dans un songe entre la Sainte Vierge et Jean Bosco, par une belle nuit du mois d’août 1831.

   C’est ainsi qu’en toute simplicité, fut tracée la route de Jean Bosco, pour l’aider dans son cheminement vers Le Christ par son œuvre auprès des hommes, ses frères, pour les amener ainsi vers l’Amour de Dieu et leur Rédemption.

   Jean Melchior Bosco, naquit le 16 Août 1815 dans un hameau dénommé Becchi, dans la riche région d’Astie , dans le Piémont, beaucoup de vignes, de verts pâturages et de prés, mais qui ne profita guère à cette famille très modeste.

   Son père François et sa mère  Marguerite Occhiera  eurent deux  autres enfants, dont Joseph, qui fut bon avec lui.  Hélas son père mourut  trop jeune laissant  derrière lui une mère et ses trois enfants, Maman Marguerite, tel était son surnom, se retrouva  seule, elle n’avait pas trente ans! La petite famille travaillait très dur du matin au soir et l’enfance de Jean Bosco, se déroulera sous le double signe de l’approche de Dieu et du travail des champs, car son plus grand désir était de devenir prêtre et de prendre sous sa houlette les gamins des environs  qui avaient son âge ; dès  qu’il avait un instant, il les réunissait pour leur lire l’Histoire Sainte, tout cela entre des rudes travaux de la ferme et tâches multiples et variées.

  Il faisait déjà preuve d’une belle fermeté de tempérament, il n’avait pas quinze ans et déjà un  merveilleux projet l’animait, celui  d’amener à lui les enfants, leur apprendre la religion et les empêcher de mal tourner!

Lorsque Dieu s’intéresse spécialement à l’un d’entre nous, il lui envoie son ange gardien qui se présenta cette fois-ci en la personne de Don Calosso,  Chapelain de Murialdo, petit village à côté du hameau natal de Jean Bosco. Dès qu’il eut fait sa connaissance, il fut très impressionné par l’exceptionnelle mémoire de Jean Bosco, il lui donna des leçons de Latin et de grammaire italienne et le gardera sous son aile protectrice jusqu’à ce qu’une attaque d’apoplexie le sépare définitivement de son « petit », laissant Jean seul et désemparé!

Heureusement, maman Marguerite veillait, elle l’envoya à Chateauneuf suivre des cours de Latin, dispensés par des prêtres et c’est vraiment là où Jean Bosco se heurte à un certain désintérêt des dits enseignants qui après les cours ne sont plus  en esprit avec leurs élèves. Cette attitude l’aura marqué profondément et il la combattra  durant  toute sa vie. Aucun moyen de discuter de façon informelle avec ces adultes compassés. Pourtant, comme il le rappelle à sa mère, Jésus avait le temps et ramenait à Lui tous les enfants qui le souhaitaient.

On continue à le suivre, il s’installe à Chieri, où pour vivre, il devient répétiteur auprès du fils de sa logeuse. Ouvrons une parenthèse quasi-miraculeuse, car l’on se souvient que sa famille est pauvre, que les études et la vie sont bien chères, et pourtant, il surmontera toujours ces énormes difficultés d’argent, n’hésitant pas à faire bâtir une première église sans avoir le moindre sou au départ! Donc, le voilà à Chieri, surnommée la ville aux cent tours, ce n’était pas n’importe quelle petite ville que cette bourgade estudiantine et profondément religieuse; tous les ordres religieux y possédaient leur monastère et leur église, que ce soit les Dominicains, les Oratoriens, les Jésuites, les Franciscains, les Clarisses. Et c’est par un détour de la providence qui accompagne ceux qui en ont besoin, que son alter ego,  son ami,  don Cafosso, lui conseille de se rendre à Turin, là il rencontre l’abbé Guala, qui dirigeait le collège ecclésiastique. L’abbé Guala l’incite à entrer au Grand séminaire. Il y restera dix ans, au cours desquels il étudiera la Philosophie et la Théologie.

« Que la charité et la douceur de Saint François de Sales éclairent chacune de mes démarches »

                                        Le 5 Juin 1841  Enfin tout commence!

   Ordonné prêtre à Turin, par Mgr Fransoni, dans sa chapelle privée, un prélat qui sera, on le verra plus tard, un de ses grands soutiens, l’abbé Jean Bosco, célèbrera sa première messe, le lendemain de son ordination et quelques jours plus tard, il officiera  là où il avait commencé à donner corps à son œuvre, à Castelnuovo  d’Astie.

                                   A la recherche d’un vrai toit, d’un vrai lieu

  Un quasi miracle avec l’achat, sans avoir le premier argent, d’un hangar au dénommé Pinardi. Son Œuvre aboutissait enfin, qui deviendrait, au fil du temps la Société Salésienne.

Celle-ci est une entreprise d’éducation populaire qui demandait et demande toujours tellement de dévouement, d’abnégation pour éduquer, trouver du travail, et surtout trouver le chemin  qui mène au cœur de ses « sacrés » garnements ! L’abbé Bosco, voyait loin et grand pour ses enfants : «  Oui, nous aurons une église, des cours, de vastes bâtiments, des ateliers et des classes, des contremaîtres et des professeurs. »  Effectivement, l’organisation s’étoffait peu à peu comprenant cours de calcul, de langue maternelle, classe de lecture avec l’Abécédaire, les Mathématiques,  et le Latin. A ses débuts, quelques dizaines d’élèves, quinze ans plus tard, plusieurs centaines  . Sans oublier  une  église, aussitôt dit, aussi tôt fait ou presque, sa construction dura une année, entre 1851 et 1852.  Quant à l’argent,  on finirait par croire qu’il ne compte pas lorsqu’on n’en a pas, c’est ce que l’on pourrait se dire, mais l’abbé Bosco, malgré toutes ses difficultés était parvenu à  convaincre un grand nombre de bienfaiteurs, notamment ceux de la Maison Royale d’Italie, et même à certain moment, l’état laïc.

   Sur un plan pédagogique, l’abbé Jean Bosco avait choisi  les plus doués parmi ses élèves, pour les former à enseigner à leur tour, seulement, ils étaient laïcs, il les aurait tant voulu religieux. Pourtant, certains prirent la soutane et le nom de Salésiens, en souvenir de la douceur de François de Sales, ce grand Saint, ancien évêque de Genève.

   Saint Jean Bosco ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin, il lui fallait établir des Règles, et les faire reconnaître par l’Autorité pontificale, et  là aussi les choses sont à la fois simples et compliquées, son action, son  travail, sa « Sainteté » avant qu’elle ne soit reconnue officiellement était admise par au moins deux papes, Pie IX et Léon XIII. Don Bosco ira près d’une trentaine de fois à Rome, plaider non pas sa cause, qui était entendue, mais son acceptation par certains membres du Haut clergé, qui n’admettaient pas les méthodes pédagogiques du saint abbé ; les choses étaient même allées assez loin, il avait failli se faire enfermer par certains de ses confrères, qui le prirent pour un fou, manipulant des vauriens. Et même l’Eglise eut des difficultés à faire la part des  choses. On le voit  Saint Jean Bosco dut se battre contre ses semblables, eut un grand nombre de  détracteurs, presque aussi grand que celui de ses défenseurs.

  Il faudra près d’une quinzaine d’années  entre la première audience avec le pape Pie IX et sa dernière  avec Léon XIII pour que la Société Salésienne ait le privilège d’être directement reliée au Saint Siège.

   L’expansion de la Société Salésienne le conduira à installer une Congrégation de Femmes, les Filles de Marie Auxiliatrice, qui multipliera les actions  en ouvrant des écoles, des crèches, des asiles, des colonies de vacances des hôpitaux et plus tard des Missions .La congrégation va ouvrir un Chapitre et la première Supérieure, Marie -Dominique  Mazzarello  qui est la « fille » spirituelle de Jean Bosco, sera canonisée en 1951. Il établira aussi un Tiers Ordre, sous le vocable de l’Union des Coopérateurs Salésiens, en fait, une armée d’auxiliaires, regroupée sous la bannière de Saint François de Sales.

              Quelques rappels du petit Traité de saint Jean Bosco sur l’Education.

« Inspirez aux enfants la confiance. Pour cela faites vous aimer…ressemblez leur (…)

Apaisez tout de suite les disputes

Pas de colères, même justes

Prier est une joie, il faut que les enfants ressentent cette joie.  Si tu veux que l’on t’obéisse, fais que l’on  t’aime. »

Ainsi parlait Saint Jean Bosco et à travers lui la Vierge Marie, dont il fut l’intercesseur, Notre – Dame l’Auxiliatrice, ainsi nommait-il la Mère de Dieu.

 Une vie, la sienne, émaillée de songes pour le diriger et de miracles pour les exaucer, marque  la profondeur de la spiritualité de ce saint, qui rappelle par certains aspects,  celle du saint curé d’Ars et de saint François d’Assises.

   Tel fut saint Jean Bosco, à qui le pape Léon XIII demandera son soutien pour l’achèvement de la construction de la basilique du Sacré Cœur à Rome. Une requête inattendue et qui aurait pu paraître insurmontable à n’importe qui d’autre mais  pas à L’abbé Jean Bosco! Il n’était plus tout jeune, mais qu’importe! Il commença son opération de relations publiques pour recueillir des fonds. En vrai professionnel, il envoya une lettre circulaire aux évêques du monde entier où presque pour les intéresser à ce grandiose chantier. Il organisa une immense loterie comme il l’avait souvent fait par le passé, notamment pour la construction du sanctuaire à Valdocco, au nord de Turin, dédié à la Sainte Vierge. Il prit alors son bâton de pèlerin, c’est le cas de le dire vraiment, car rien ne vaut les contacts humains et partit pour la France et l’Espagne. Sa « tournée » française fut un triomphe, réunissant tous les milieux sociaux et deux millions de francs de l’époque. Sa mission était accomplie, au-delà même de ses espérances.

   L’Espérance  n’est pas un vain mot pour nous croyants, nous qui avons le bonheur de savoir que nous sommes le peuple des Rachetés. Les miracles accomplis par Saint Jean Bosco, nous paraissent aller de soi dans un sens, à partir du moment où nous croyons, le Christ est là  naturellement et Ses Actions sont  une émanation de sa divine Personne.

                     « Dites à mes enfants que je vais les attendre en Paradis »

Le temps est compté pour Saint Jean Bosco, et comme toujours, il en a l’intuition, nous sommes à la fin du mois de Décembre, il eut la joie de recevoir le jour même de Noël, la bénédiction du Saint Père et de communier le jour de la Saint François de Sales. Au petit matin du 31 janvier 1888, il soupire une dernière fois, il est 4h 45 du matin, l’Angélus sonne et rappelle Saint Jean Bosco vers le Seigneur.

Sa Sainte dépouille repose  à Valsalice, dans la basilique de Notre- Dame Auxiliatrice.

Il sera canonisé par le pape XI, le 1er Avril 1934, sa fête fixée au 31 janvier, « Jour de sa naissance au Ciel », « Dies Natalis » selon la liturgie.

« Un Géant de Charité », a proclamé le Pape Pie XI

Monique Ravel

Les commentaires sont clos.
%d blogueurs aiment cette page :