Saint Claude La Colombière et Sainte Marguerite Marie Alacoque

Saint Claude La Colombière et Sainte Marguerite Marie Alacoque

Nous parlons de deux saints que tout devait réunir puisque telle était la volonté de Dieu .Ils ont passé peu de temps ensemble mais il ne faut pas longtemps pour reconnaître une âme de qualité,  c’est bien ce qui apparu aux yeux de Claude La Colombière  lorsqu’il fit la connaissance de Marguerite Marie Alacoque.

   Deux saints unis dans le même amour du cœur Sacré de Jésus, du cœur Blessé de Jésus. Un bref passage sur la terre pour ces deux êtres : Quarante et un ans pour l’un et quarante trois pour la seconde. Le premier enseigne là où Marguerite Marie est religieuse, chez les Visitandines. Leurs deux familles sont profondément chrétiennes et pratiquantes. Celle de Claude La Colombière n’était-elle pas surnommée « la famille des saints ».Leurs pères respectifs exerçaient la charge de notaire royal.

    Pour mémoire, on rappellera que Claude La Colombière était le fils de Bertrand et de Marguerite  Coindat, qu’ils donnèrent naissance à Claude le 2 février 1641 à Saint Symphorien près de Lyon, tandis que Marguerite Marie naissait le 22 juillet 1647 à Vérosvres, petit village situé entre Macon et Paray Le Monial. Leurs enfances respectives se dérouleront sous le regard de Dieu. Dès ses neuf ans, Claude La Colombière part à Lyon faire ses études chez les jésuites, au célèbre collège de la Trinité ; Marguerite Marie,  elle offre sa vie au Seigneur: « O mon Dieu, je vous consacre ma pureté et fais vœu de perpétuelle chasteté. Marguerite Marie orpheline de père à huit ans à peine, est confiée à des Clarisses Urbanistes à Charolles où elle restera deux années et d’où elle ressortira miraculeusement guérie par la Sainte Vierge, alors qu’elle ne pouvait même plus marcher! De là, date sa dévotion à la Mère de Dieu, à laquelle elle promet de consacrer toute sa vie, d’être une de ses Filles.

  « C’est ici que Je te veux » Paroles du Christ adressées à Marguerite Marie. Et comme en écho: « Mon Dieu, je veux me faire Saint entre Vous et moi », vœu de Claude La Colombière à la fin de son « Troisième An. »

    Il demande à la Vierge Marie d’intercéder en sa faveur auprès du Seigneur miséricordieux. Sa démarche, toute emplie de pureté n’est pas différente de celle de Marguerite Marie Alacoque, bien que leurs vies aient été différentes mais leurs deux vies connurent bien des vicissitudes.

   A  dix-sept ans, Claude La Colombière entre chez les Jésuites d’Avignon,  où il prononce ses premiers vœux, en 1660, auxquels on ajoute une année de philosophie suivi de cinq années en tant qu’enseignant ;  il sera également le précepteur des enfants de Colbert, ministre des Finances de Louis XIV. C’est à cette époque également que Marguerite Marie Alacoque prend l’Habit, parvenant enfin à vaincre les résistances de sa famille qui voulait la faire entrer chez les Ursulines de Macon. Mais les voix du Seigneur qui ne sont pas toujours impénétrables, profitant de sa visite au monastère des Visitandines à Paray Le Monial, eut enfin la Révélation pour répondre au Christ: « C’est ici que Dieu me veux!»

   Frère et sœur unis dans le même Cœur Sacré de Jésus

   C’est dans ce lieu qu’elle rencontrera pour la première fois le Père Claude La Colombière qui, d’ailleurs ne restera qu’une année à  Paray, où il était le Supérieur du Petit collège de Paray le Monial, et sera par la suite le conseiller spirituel de Marguerite Marie Alacoque à laquelle Jésus donne des éclaircissements sur le Mystère de sa Passion  et lui donne pour mission d’instituer une fête particulière et publique pour honorer son Cœur.

   Fête qui se tiendra le 21 juin 1675, octave de la fête du Corps du Christ et fête de saint Louis de Gonzague, date à laquelle Claude La Colombière et Marguerite Marie Alacoque se consacrèrent au Cœur de Jésus, qui sera la première fête du Sacré Cœur, par laquelle le Christ demandait à ses deux âmes de persuader l’homme, qu’il était aimé par Dieu.

    Ordonné prêtre à 28 ans en 1669, Le Père Claude La Colombière fréquentait ce que l’on appelle les grands de ce monde, il  avait écrit le panégyrique de Saint François de Sales lors de la canonisation de celui-ci. Très connu, il dut surmonter son humilité, qualité essentielle pour plaire à Dieu et il se retrouva par un curieux détour de sa carrière, prédicateur de la duchesse d’York  et chapelain à la Cour du roi Charles II.

   Ce qu’il faut savoir c’est qu’à cette époque, et ce, malgré des brillants débuts, le « saint » comme on le nommait, réveilla malgré lui les passions et les haines contre les Catholiques et les Jésuites, accusés de conjuration contre le roi et tout cela se termina dans les geôles de la sinistre et célèbre prison de King’s Bench, dite l’enfer anticipé. Ce « séjour » détruisit irrémédiablement la santé du Père Claude La Colombière dont les poumons ne supportèrent pas l’air vicié et humide du cachot. Atteint de tuberculose, il ne dut son salut qu’à l’intervention du monarque qui le bannit de son royaume et le renvoya en France.

   Nous étions à la fin de l’année 1678, on le retrouve à Paris, d’où il doit regagner Lyon, mais c’est à Paray qu’il s’arrête, Paray Le Monial sera sa dernière destination. Il retrouve Marguerite Marie Alacoque, ils peuvent reprendre le cours de leur conversation, plus exactement Marguerite Marie put pleinement jouer son rôle de messagère du Coeur de Jésus. On le sait, dès sa Première Communion, Marguerite Marie Alacoque est attirée par l’oraison, mais elle se demande comment y parvenir, Jésus lui donne quelques conseils, qui sont valables pour nous aussi : tout d’abord, il faut se prosterner, demander pardon pour ses offenses, l’adorer, puis lui offrir cette oraison.

   Elle n’a pas oublié la promesse faite par Jésus de lui envoyer son Fidèle Serviteur et Parfait Ami ; elle en a bien besoin car ses supérieures lui mènent la vie dure, la traitant de visionnaire, et Marguerite Marie ne sait plus quoi penser. Ses souffrances morales vont durer jusqu’à l’arrivée du Père Claude La Colombière qui déclare qu’elle est : « une âme de grâce.»

   Le Père Claude La Colombière, cultivait mille qualités chères au Cœur de Jésus, que l’on retrouve dans ses Ecrits, tels ses Méditations sur la Passion, ses Lettres, ses Réflexions Chrétiennes, qui nous sont rapportées par le Père Gérard Dufour, qui nous a quittés il y a peu de temps.

   L’on ne peut les retranscrire toutes, à peine osons nous proposer certaines d’entre elles, telles: L’Eucharistie  Sacrement d’Amour. Pas de sainteté sans Humilité. Savoir durer dans la Prière. Pas de Regard inutile sur les autres.

   Marguerite Marie Alacoque fut chargée du dernier message terrestre de la part de Jésus au Père Claude la Colombière, un mois avant sa mort. Ecoutons là: « Notre Seigneur m’a dit qu’il voulait le sacrifice de votre vie en ce pays ».

   Il en sera ainsi, la volonté de Dieu sera accomplie, la Volonté de Dieu en toutes circonstances, comme le désirait si  ardemment Claude La Colombière, le 15 Février 1682.

   Il sera canonisé le 31 mai 1992, par saint Jean Paul II.

   Marguerite Marie Alacoque va poursuivre sa route  seule, elle est enfin reconnue par la communauté religieuse, elle sera  Maîtresse des novices  pour les aider à trouver le chemin de la sainteté, le  meilleur moyen qui soit de rencontrer le Cœur de Jésus.

   Le 2 juillet 1688 fête de la Visitation, L’année précédant sa mort, Marguerite Marie Alacoque reçoit, dans une vision, un message de la Sainte Vierge, sur l’importance du travail des Visitandines et des Jésuites pour magnifier la dévotion au cœur de Jésus.

   Marguerite Marie Alacoque quitte les siens pour retrouver le Seigneur, le 17 octobre 1690.

   Elle sera canonisée  en 1920

Monique Ravel

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