Sainte Louise de Marillac Fêtée le 15 Mars

Sainte Louise de Marillac Fêtée le 15 Mars

              Fondatrice, avec Saint Vincent de Paul, des Filles de la Charité

  « Nous avons eu, devant nous, ce beau modèle qui est maintenant  là -haut.  Reste  maintenant, le devoir d’en faire un beau tableau. » Saint Vincent de Paul.

   A nous maintenant, de retracer les grandes lignes, du dessein de notre Seigneur qui, désigna Sainte Louise de Marillac, pour en faire une lumière dans l’obscurité qui entoure souvent les plus pauvres d’entre nous.

   Louise de Marillac respirait la bonté, une formule qui prend ici tout son sens, celui qu’elle a donné à une vie toute entière, consacrée aux plus démunis d’entre nous. Sa vie commence le 12 Août 1591, fille de Marguerite Le Camus et de Louis de Marillac, Gentilhomme de la Chambre sous Henri IV, cousin par alliance de la reine Marie de Médicis. Sa mère a laissé  peu de traces et son père meurt  prématurément, en laissant sa fille  orpheline, elle n’a que treize ans.

  Confiée à un oncle paternel, ce dernier la met dans un premier temps au couvent royal de Poissy avant de l’en retirer; Heureusement, cela aura suffit pour la mettre sur le chemin de Dieu et de connaître les premiers enseignements de la religion, auprès de sa grand tante, la Mère Louise de Marillac. Hélas son oncle la place finalement dans une pension de famille, d’où la religion est absente;  heureusement, Dieu ne l’a pas quittée; entretemps elle se marie avec  Antoine Le Gras, écuyer de la reine  ce qui ne lui permet pas d’être appelée  Madame, raison pour laquelle on la nomme Mademoiselle Le Gras; cela, n’empêche pas le bonheur  couronné par la naissance d’un fils Michel qui lui donnera bien des tourments.

  Son époux, meurt trop tôt lui aussi, mais  Dieu se  manifeste peu de temps avant.

 1623,  Année déterminante,  au cours de laquelle le Christ  appelle Louise de Marillac

  Dieu lui fait la grâce du don de viduité, un  beau dimanche de Pentecôte,  jour de la Sainte Monique et Lui confie  la mission de se mettre au service des pauvres, et hasard ou pas, c’est à cette même époque qu’elle fait la connaissance  du futur Saint Vincent de Paul. Cette rencontre, n’enthousiasme pas d’emblée Vincent de Paul, qui ne comprend pas bien cette jeune femme, il la pense un peu fragile, et lui conseille de saintes lectures comme l’Imitation de Jésus-Christ, le Combat Spirituel, les œuvres de l’évêque de Genève, Saint François de Sales. Une formation spirituelle qui dure quatre années et qui autorisera Saint Vincent de Paul à l’envoyer ensuite sur le terrain.

   Elle avait  enfin le droit de répondre à l’appel de Dieu et Saint Vincent de Paul lui confia la visite des Confréries de Charité, en commençant par celle  de Montmirail, à côté de Soissons, pour, lui dit-il «Honorer sa charité  envers les pauvres et pour l’imiter autant qu’elle pourrait dans les fatigues, lassitudes et contradictions qu’il  avait souffert pour leur sujet ». « Allez, Mademoiselle, allez au nom de notre Seigneur, je prie Sa divine bonté  qu’elle vous accompagne(…) Qu’il vous donne son esprit et la grâce d’agir en ce même esprit ». Ses visites avaient pour but d’apporter un réconfort matériel et spirituel et de pourvoir à l’instruction religieuse. Comme il n’y avait pas de catéchisme, Louise de Marillac rédigea elle-même un mémento de ce que tout chrétien doit connaître, comme par exemple : Les Vérités Fondamentales, les Moyens de Salut, la Manière de Prier, de se Confesser, de Communier. Elle répétait souvent qu’il fallait être à l’image du Christ , d’où vient le nom de chrétien ,qu’il fallait être humble, doux , charitable, patient, véritable , ne parlant pas mal de son voisin, et ne faisant de mal à personne.

Au départ, les confréries étaient situées dans les paroisses rurales, mais Louise de Marillac va en créer à Paris, notamment, à Saint Nicolas du Chardonnet,  dont elle sera la Supérieure, Saint Merri, Saint Sauveur, saint Benoît, et Saint Sulpice.

  L’organisation commençait à se mettre en place, avec les Confréries  qui secouraient les pauvres à domicile, les Dames de la charité visitant ceux qui étaient à l’hôpital et les Filles de la Charité fondées par  Mademoiselle Le Gras, complétant l’ensemble.

  On sait que les Filles de la Charité ne sont pas des moniales, qu’elles ont : « Pour monastère, les maisons des malades, pour cellule une chambre de louage, pour chapelle, l’église paroissiale, pour cloître, les rues de la ville, pour clôture, l’obéissance, pour grille, la crainte de Dieu, pour voile, la sainte modestie » .Des précisions qui ne sont pas inutiles devant certaines incompréhensions ecclésiastiques qui  les voulaient cloîtrées justement et sous leur direction.

  Une difficulté chassant l’autre, comme la coexistence entre les Dames , des personnes de condition, et les jeunes Filles de la Charité qui venaient , pour beaucoup  d’entre elles, de la campagne,  qui n’étaient pas toujours sottes mais désireuses d’apprendre et d’améliorer de cette façon leur vie. Elles voyaient dans l’état religieux  le moyen d’acquérir un statut social, leurs revendications apportaient en quelque sorte, de l’eau au moulin de certains évêques.

  Tout rentrera dans l’ordre voulu par saint Vincent de Paul et Sainte Louise de Marillac, défini par un Règlement approuvé par le cardinal de Retz, et Louis XIV.  Certaines qui ne voulaient pas rester séculières, dont Louise de Marillac et trois autres jeunes filles de la Charité   prononceront leurs vœux de pauvreté, de charité, de chasteté, d’obéissance et du service aux Pauvres,  vœux qui seront renouvelés chaque année à la fête de l’Annonciation.   Nous étions  déjà en 1655, il ne restait plus beaucoup de temps à Louise de Marillac.

  Elle tomba malade, gravement malade, elle avait toujours été de santé fragile, mais son œuvre était déjà immense. Ainsi, à Paris, sa maison n’était pas loin de L’Hôtel- Dieu, qui était tenu par les religieuses. Un sujet de préoccupation qu’elle partagea avec Geneviève Goussault, laquelle  donna  l’impulsion financière, entraînant nombre de ses amies, pour contribuer au bien-être matériel et spirituel de ces indigents. Une  saine et sainte émulation parmi  toutes ces bénévoles ; que de chemin parcouru depuis l’installation de la jeune communauté en 1633, où l’on ne dénombrait que six jeunes filles, et au sein de laquelle  maintenant duchesses et princesses se relayaient au chevet des malades. Louise de Marillac  su canaliser tout ce monde, pour l’amour de Dieu et grâce à Lui.

  La particularité de cette vie leur permet également d’apporter secours à tous : enseigner aux jeunes filles de la campagne, s’occuper des nourrissons abandonnés  sous les porches des églises; sans compter les vagabonds qui menaçaient parfois la sécurité, un phénomène concentré à Paris, et qui obligea à avoir des idées pour en rassembler le plus grand nombre, leur assurer protection, contre quelques menus travaux et un retour dans le droit chemin, avec l’aide de Dieu et toujours celle de Saint Vincent et de Louise de Marillac.  Il fallu l’accord du roi, qui entraîna  avec lui un grand  nombre de généreux bienfaiteurs, il ne restait plus qu’à trouver  le lieu : un terrain de plusieurs centaines d’hectares en bordure de la Seine, sur lequel était installée une ancienne usine de fabrication de salpêtre,  d’où le nom, la Salpêtrière, qui deviendra quelques  siècles plus tard, le grand hôpital parisien que l’on connaît.

   Ce fut d’ailleurs une belle réussite qui abritera 5000 malheureux.

    Quelques précisions sur l’organisation  de cet établissement,  avec un  collège d’administrateurs appelés les Pères des Pauvres, des ecclésiastiques qui s’occupaient des âmes, et de Bossuet qui mit son éloquence au service de cette belle entreprise humaine : relisons le : Il rappelle Saint Paul : « Ne voulez-vous pas chrétiens imiter un si bel exemple ? Que d’infirmes à supporter, que de pauvres à soulager dans l’Eglise! Ne semble t-il pas que la Providence ait voulu les unir ensemble dans cet hôpital merveilleux (…) Allez à ces infirmes, mes Frères, faites vous infirmes avec eux (…) Ces faibles et ces impuissants vous porteront après  jusqu’au Ciel ».

  Au Ciel, où devait partir trop tôt, bien trop tôt, Sainte Louise de Marillac.  « Sa précieuse Mort, » comme l’a écrit si joliment  Mgr Baunard,  Recteur de l’Université Catholique de Lille.  Elle fut précieuse et même après nous avoir quittés, où par son intercession elle  accomplit  trois guérisons miraculeuses.

Dieu lui fait la grâce de la rappeler à Lui le Lundi de La Passion, le 15 Mars  1660.  Saint Vincent de  Paul, la rejoindra le 27 septembre de la même année.

Elle sera canonisée en 1934 par Pie XI

Proclamée Sainte Patronne des Œuvres Sociales en 1960, par le Pape  Jean XXIII

Monique Ravel

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