Mai 2021- Sainte Rita De Cascia

Mai 2021- Sainte Rita De Cascia

                                      «Epouse du Christ»

      Fêtée le 22 Mai

 « Que Sainte Rita, la Sainte des causes désespérées vienne au secours de l’humanité, qu’elle soit la patronne de notre retour à la paix et à l’unique amour ! » Mgr Léon  Cristiani, Prélat de Sa Sainteté   Pie XII, Docteur en Théologie et en Lettres Modernes.

  Des propos, qui datent de presqu’un siècle, mais qui prennent toute leur résonnance aujourd’hui encore, aujourd’hui hélas !

  Une Sainte, canonisée par le grand pape Léon XIII, le 24 Mai de l’année 1900, jour de la Pentecôte, au cours d’une cérémonie grandiose donnée en la basilique Saint -Pierre de Rome.

  Avant même sa naissance, elle était attendue par le Seigneur et  par ses parents, des personnes très pieuses. Souvent, Dieu se plaît à choisir parmi ses fidèles, ceux qui n’ont pas forcément besoin d’aide pour croire en lui, ce qui était le cas, avec cette bonne famille d’agriculteurs de l’Ombrie, installés dans un hameau appelé Rocca-Porena, à quelques kilomètres de Cascia.

  Ses parents, Antonio et Amara Mancini, étaient déjà âgés, lorsqu’ils demandèrent à Dieu de «concrétiser» leur mariage, avec la naissance d’un enfant. Ils furent exaucés pleinement avec l’arrivée de leur petite Marguerite, en Mai 1381, qui fut vite rebaptisée Rita.

                      Le culte de la paix entre les hommes, quel qu’en soit le prix !

  Sainte Rita, ne tarda guère à répondre à l’appel du Seigneur, à peine âgée d’une douzaine d’années, elle décida de se consacrer entièrement au Christ, être «l’épouse du Christ», en faisant vœu de chasteté et manifestait par là même, une maturité tout à fait exceptionnelle chez une petite jeune fille de cet âge !

   Elle se réservait à Dieu, mais ses pauvres parents croyant bien faire, la marièrent au «petit chef» de la région, un certain Paul de Ferdinand, autrement dit Ferdinand Paul, lui même en lutte contre l’Eglise Romaine, et qui, n’avait rien pour faire un bon mari ! Païen, buveur, violent, il nous rappelle celui de Sainte Monique !  Néanmoins, Dieu faisant toujours bien les choses, même s’Il prend des voies parfois difficiles à comprendre, donna la force à Sainte Rita de transformer ce lion en petit agneau. Son biographe, le moine Cavalluci, déclarant même  « à la grande surprise de tous, elle le rendit admirablement doux et attaché au service de Dieu »! Le premier miracle de sainte Rita !

  Elle n’avait que dix- huit ans ! Son mariage dura aussi dix-huit ans ; pourtant son mari  n’échappa pas à ses ennemis qui l’assassinèrent ; entretemps, ils avaient eu deux garçons, prêts à prendre la relève et à venger leur père; ce que leur mère ne pouvait accepter, elle pria, elle préférait les voir morts, même si l’on ne mesure pas la portée de ce que cela signifie pour une mère ! Le pays était décimé à cette même époque par une épidémie de peste, qui emportera ses deux fils.

  A trente ans, elle se retrouve veuve, sans famille, mais elle a Dieu, elle n’est pas seule, Il est là !

  On sait qu’elle vouait une dévotion particulière à la Sainte Passion du Sauveur pour reprendre les propos de Mgr Léon Cristiani. Une Sainte Passion qui sera une des signatures spirituelles de Sainte Rita. Le Christ lui accordera la faveur de porter un de ses stigmates, matérialisé par une des épines de la couronne de sa Crucifixion. On y reviendra, mais ce symbole d’une des blessures divines, la fera mettre à l’écart des religieuses, chez lesquelles elle désirait prendre le voile.  En effet, son souhait, sa seule exigence, était de devenir religieuse.

A Cascia,  il y avait depuis longtemps, des moines Augustins qui avaient leur monastère et qui vivaient dans des grottes éparpillées çà et là. Elle ne pouvait pas faire la même chose. Elle frappa à la porte des Augustines, du monastère de Sainte Marie  Madeleine, qui furent obligées, à trois reprises, de lui refuser l’entrée, son état de veuve, ne lui permettait pas de devenir religieuse, elle ne se découragea pas pour autant et pria. Prier est une grâce donnée par Dieu ; pour Sainte Rita, la chose était peut – être aisée, un peu comme pour monsieur Jourdain, qui faisait de la prose sans le savoir ; toujours est-il, qu’elle fut entendue et la future Sainte des cas impossibles et désespérés sera acceptée par les sœurs Augustines.

  C’est là, où l’on retrouve  du merveilleux, dans le moyen utilisé par Dieu qui demande à Saint Jean- Baptiste, Saint Augustin et  Saint Nicolas de Tolentino, de la guider en pleine nuit sur les chemins empierrés, au monastère de Cascia. Généralement, la porte est fermée, mais curieusement, pas cette fois-ci et Sainte Rita y attendra le petit matin, dans la chapelle attenante, où découverte à  l’aube, elle sera enfin admise à entrer chez les Augustines. Elle est sauvée au sens noble du terme. Elle passe par toutes les étapes indispensables à la vie religieuse et ainsi, elle put enfin prendre le voile. Dieu et Sainte Rita se sont tant attendus, on partage leur bonheur, comme on le dit si souvent sans y penser vraiment ! Partager le bonheur de son prochain est parfois aussi difficile que de prier vraiment !

  Les jours heureux arrivent, le bonheur spirituel est là, à portée de ce qu’elle voit un jour, peu de temps après avoir prononcé ses vœux : on veut parler de l’Echelle de Jacob, symbole de sa nouvelle vie de religieuse, laquelle est une continuelle ascension, sans retour en arrière. L’Amour aide à gravir les échelons, un par un, qui ont pour noms entre autres, humilité, obéissance, pauvreté, chasteté.

                                   Une histoire de vigne

  L’obéissance et l’humilité semblent être deux vertus particulièrement appréciées par le Seigneur. Sainte Rita n’eut aucun mal à les respecter, elles étaient inhérentes à sa personnalité, des qualités mises à l’épreuve par la Mère Supérieure du monastère qui lui demanda d’arroser tous les jours un cep de vigne, tout rabougri et desséché, et ce, pendant des semaines et des semaines. Un arrosage, fructueux, qui donnera une superbe vigne qui existait encore un demi   siècle plus tard, un exemple parfait de ce que donnent les fruits de l’obéissance, de l’humilité et de la patience…

  Sa façon de vivre,  donna l’occasion à Sainte Rita, de prouver ce qu’était vraiment la pauvreté; lors de son  voyage à Rome, pour assister aux  festivités du jubilé du souverain pontife Nicolas V, elle jeta, dans la petite rivière qui traversait Cascia, le pécule amassé pour ce voyage, sous l’œil réprobateur des autres religieuses ; elle les réconforta en leur rappelant, qu’elles obtiendraient d’autant plus d’estime, qu’elles montreraient davantage leur mépris, pour les richesses de ce monde. On ne se souvient pas de leur réponse, mais le voyage  et leur séjour à Rome se passèrent sans accro supplémentaire.

  Sainte Rita fut tourmentée par Satan, comme il le faisait avec le Saint curé d’Ars, il cachait ses instruments de piété, lui envoyait de mauvaises pensées, qu’elle parvenait à surmonter en flagellant  son corps régulièrement.

   Une rencontre déterminante dans son cheminement vers le Christ              

  Revenons à l’essentiel de la vie de Sainte Rita, qui est de vivre la Passion du Christ dont elle voulait partager les souffrances, en lui demandant une des épines de la couronne de la Crucifixion. Cet évènement eu lieu après une prédication de Jacques de la Marche venu prêcher à Cascia. Après l’avoir entendu, elle fut comme transportée au pied de la Croix, et supplia alors le Christ de lui donner une des épines. Une fois encore, Il l’exauça et on vit apparaître sur le front de la Sainte, une plaie purulente et nauséabonde qu’elle gardera jusqu’à sa mort, exception faite pour les fêtes du Jubilé évoquées précédemment; une grâce accordée par Dieu.

  Sainte Rita, «l’épouse du Christ» vivait à l’écart des autres sœurs, qui ne supportaient pas l’odeur et la vue de cette entaille sur le front de la Sainte. Elle n’en souffrait pas, rien ne devait troubler son tête -à -tête avec le Christ. Elle vivait dans une petite cellule dans laquelle elle avait reconstitué le Chemin de Croix, avec ses Quatorze Stations, c’était pour reprendre les propos de Mgr Léon Cristiani : « Une invention personnelle, une dévotion privée, qu’elle menait entre ses oraisons ».

  Au sujet des oraisons, elle n’avait pas eu besoin d’en apprendre la manière, ce que l’on appelle les Méthodes d’Oraison, qui ne seront d’ailleurs instituées qu’au XVI siècle ! Certains théologiens se demandaient comment ils pouvaient communiquer! La Sainte écoutait Jésus ! Les Saints écoutent Jésus tout simplement ! Ceux qui ne le sont pas devaient l’écouter encore plus. La sincérité dans l’amour simplifie les choses quel que soit l’interlocuteur, encore plus si nous parlons à Dieu. Rappelons la prière de Samuel : «Parlez, Seigneur, car votre serviteur écoute ! »Et d’ajouter: « Car l’homme voit selon les yeux, et Dieu voit selon le cœur…».

  Sainte Rita vécut ainsi pendant une quarantaine d’années, avant de quitter le monde terrestre et malgré son effacement complet de ce monde justement, sa renommée était déjà grande, parmi les habitants de la région, particulièrement depuis qu’elle avait guérit une petite fille et chassé le diable qui s’était emparé du corps d’un malheureux.

          Deux faits miraculeux au cœur de son dernier hiver avec nous

  Nous sommes en 1457, au début de sa dernière année sur cette terre, au cours d’un mois de Janvier, plus froid que d’habitude.

   Sainte  Rita demande à une parente venue la visiter, d’aller dans le petit jardin qu’elle avait gardé, et de lui ramener une rose. La stupéfaction de sa cousine fut grande, mais moins encore lorsqu’elle en trouva une absolument magnifique, d’un rouge inégalé. Sainte Rita n’était pas surprise et demanda ensuite à cette même cousine de lui rapporter des figues, ce qu’elle fit  en en ramenant un plein panier, à la joie des autres religieuses !

  Un moment de légèreté, fugace mais d’une immense intensité au regard de sa signification !

  C’est au matin du 22 mai 1457, que Dieu rappela son admirable servante, Il magnifia le stigmate de son front dans un rayon de lumière scintillant.

                          Beaucoup de faits merveilleux furent rapportés :

  Un parfum céleste se répandit alors dans tout le monastère et la cloche du couvent sonna trois coups, sans que personne n’y ait touché.

  Avant même ses funérailles, une parente qui avait un bras paralysé, était venue se recueillir devant son corps, réalisa tout d’un coup  que son bras bougeait normalement ! C’était le premier miracle après sa mort.

  Il n’y  en eut pas moins de onze accomplis par son intercession, entre le 25 mai et le 18 juin juste après sa disparition.

   On peut toujours remarquer l’état merveilleux de conservation de son corps, qui donne le sentiment qu’elle va se lever et marcher vers nous !

   Désormais, Sainte Rita repose dans une châsse dans la chapelle du monastère où elle vécut.

  Beaucoup de miracles se produisirent, au cours des siècles, notamment au moment de la  célébration de sa béatification, en 1628, par le pape Urbain VIII, où on la vit ouvrir les yeux, et tourner la tête. Ce prodige a été consigné aux archives de l’archevêché de Spolète.

« Rita la gloire splendide et la fleur précieuse de l’Ombrie » cette citation à la fois poétique et mystique, fut prononcée par le pape Pie XII au cours des fêtes du cinquième centenaire de la mort de la Sainte.

Monique Ravel

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