Saint Jean Chrysostome, Évêque de Constantinople Docteur de L’Eglise

Saint Jean Chrysostome, Évêque de Constantinople Docteur de L’Eglise

Fêté le 13 Septembre

Né à Antioche entre 344 et 349, Saint Jean Chrysostome, est le fils de Secundus, et d’Anthuse.  Le père de Saint Jean était l’un des plus grands dignitaires du pays, commandant les Forces de l’Empire d’Orient, basées dans la province de Syrie. Anthuse, sa mère était une très jeune fille 16 ans à peine, la seule jugée digne de cette union.  Ils eurent deux enfants, dont le futur Saint Jean Chrysostome, son prénom  Jean, signifiant tout à la fois humiliation et douleur, mais aussi miséricorde et mansuétude.  Ses parents avaient attendu avec impatience la venue d’un garçon et offrirent à leurs deux enfants un milieu digne de leur future destinée.

  Dès sa plus tendre enfance, le futur saint baigna, grâce à sa mère dans une grande piété, alors même que ses parents étaient païens.  Une vie familiale qui aurait dû poursuivre son cours normalement. A cette époque leur vie était fastueuse dans cette ville d’Antioche, splendeur de l’Orient, située sur cinq collines, sur la rive gauche du fleuve Oronte, et second berceau du christianisme.  Mais le destin en avait décidé autrement.  Le futur saint Jean perdit son père,  alors qu’il était encore très jeune,  et les responsabilités de la famille reposèrent désormais sur les jeunes épaules de sa mère qui avait tout juste vingt ans. Ceci dit, ses qualités exceptionnelles étaient telles, qu’elle n’eut besoin de personne  pour veiller à l’éducation de son fils, du moins jusqu’à la fin de ses études élémentaires et supérieures.

   Après quoi, il lui fallut trouver des maîtres spirituels, elle s’adressa à l’Ecole païenne des Rhéteurs, et au meilleur d’entre eux le célèbre Libanius, qui était un païen éclairé, tolérant la chrétienté, dans une certaine mesure. Il n’y avait rien d’extraordinaire dans ce choix, d’autres grands noms de l’Eglise chrétienne tels ceux de Saint Basile et  de saint Augustin avaient  également suivis les cours de Libanius .

  Libanius jouera un grand rôle dans la formation de  saint Jean Chrysostome  à l’art oratoire et de là datera le surnom de saint Jean qui le suivra dans la postérité : Chrysostome, qui veut dire en Grec, Bouche d’or, faisant mentir, et de quelle manière, le proverbe selon lequel le silence est d’or.

  C’est entre ses mains que Jean Chrysostome apprendra l’art oratoire, avec un tel succès qu’il fut même pendant quelques années avocat au Barreau d’Antioche; apprentissage capital pour l’avenir de Jean, l’art oratoire n’est-il pas le principal instrument pédagogique utilisé par les autorités religieuses pour éduquer les fidèles ?

  Maîtriser le verbe est une chose, il fallait que Jean apprenne aussi celui de le mettre au service de la Raison, d’un Ordre, aussi  la Philosophie enseignée par un certain Andragatius, allait-elle compléter admirablement les leçons de Libanius, en lui donnant les bases indispensables et nécessaires tout en lui laissant son libre arbitre, car Jean Chrysostome n’avait qu’un seul maître à penser : Dieu . Petite précision, Chrysostome signifie également Bouche de Jésus-Christ.

  Saint Jean Chrysostome  est très vite remarqué par l’évêque Saint  Mélécius, qui va le baptiser en 368  et  le garder sous son aile protectrice,  il le nommera diacre. Il lui confiera les fonctions de Lecteur, c’est-à-dire chargé de lire à haute voix des extraits de l’Ecriture lors des Offices, mais aussi celles de gardien des Livres Sacrés et du déroulement des célébrations.  Des fonctions qu’il assumera  pendant  cinq ans. Et puis tout d’un coup il en a assez de tout cela ; il est encore trop dans la vie, il s’occupe de sa mère, en bon fils mais tout cela ne répond  plus à ses exigences spirituelles.  Pour mieux entendre la parole de Dieu,  il doit s’éloigner des hommes physiquement, et  cet éloignement aurait été définitif si on l’avait écouté !

  Il quitte Antioche pour aller plus au Nord, dans une région nettement moins souriante, peuplée de vastes forêts, de cavernes noires et profondes, de chapelles isolées, bref des lieux propices à la méditation, où il se retira pendant quatre ans pour nourrir son esprit, son âme, et aller à la rencontre de Dieu. Il faut savoir qu’en fait, c’était la deuxième fois qu’il quittait le monde; la première fois, il avait choisi un monastère particulièrement austère où il produisit une de ses œuvres majeures intitulée : Du Sacerdoce.

  Les journées étaient rythmées par les prières, quatre fois par jour les moines se réunissaient pour chanter, faire leur examen de conscience. Ils dormaient sur une natte à même la terre, ne portaient jamais de chaussures, et un cilice directement sur la peau ; les repas étaient composés de pain et de sel, les légumes et l’huile étant réservés aux malades.

           Retour au monde

  Cette solitude ne pouvait durer ; Jésus-Christ souhaitait le ramener vers les hommes où il avait de grandes choses à faire. Il utilisa un saint homme, Esichius, qui dans une vision céleste, rencontra Jean l’apôtre et Saint Pierre  lesquels encourageaient  Jean à reprendre le chemin vers la civilisation. Peut être pour le fortifier dans son retour au milieu des  hommes, le Seigneur fit par son intercession plusieurs miracles : ainsi, Saint Jean débarrassa la région d’un lion qui tuait tout le monde aux alentours : pour cela, il planta une croix sur le lieu de son passage et on retrouvera le lion mort au pied de la dite croix.  De son côté, l’évêque Flavien qui avait succédé à Mélécius, le supplia de rentrer et l’ordonna  prêtre.

     Les premiers combats contre les païens et les hérétiques

  C’est au cours de ces journées où Saint Jean parcourait la ville  à la rencontre de tous et commençait à prêcher, que sa parole commença à subjuguer les foules. Comme il le dit : « La parole c’est le médicament, c’est le fer, c’est le feu. C’est elle qui nous coupe, nous brûle et guérit .Elle est l’arme invincible du prêtre(…) La parole, c’est le glaive de feu que tient le prêtre à la porte du bercail de Jésus Christ ».

                   La Parole et les Actes

  Au cours de ses études, Saint Jean Chrysostome s’était constitué un sérieux réseau d’ hommes, futurs évêques pour certains d’entre eux, qui l’accompagnaient sur le terrain pour contrer la propagande des hérétiques ; il fallait libérer Antioche, du paganisme et de l’hérésie ; toujours pour l’aider ,le Seigneur permit qu’il accomplisse un autre miracle  en guérissant la femme du préfet d’Antioche,  justement , une hérétique forcenée et grande ennemie des catholiques.  Au jour dit, Il la fit porter sur un petit lit à la porte de l’église, boire de l’eau bénite et la dame se releva guérie ! Les deux époux se convertirent au catholicisme immédiatement ! Cette guérison eut un effet  véritablement miraculeux auprès des habitants de la ville d’Antioche et du pays.  Saint Jean Chrysostome allait pouvoir agir fermement, commencer par abattre  toutes les statues païennes que l’on avait adorées ; il fit également démolir un temple, au Mont Cassien  et s’employa à « dompter » les habitants d’un quartier d’Antioche encore acquis à la cause des Ariens.

Saint Jean était un homme de paix et ses actes de fermeté devaient être expliqués au cours de ses  prêches  qu’il faisait dans les églises, en chaire le plus souvent, mais encore comme au tout début partout  où cela était nécessaire. Ses efforts commençaient à donner des résultats, lorsque l’on apprit la mort de l’évêque Saint Mélétius, qui participait à un Conseil œcuménique à Constantinople et l’on partage les craintes de l’Abbé Rochet, chanoine honoraire de La Rochelle : « Qu’allait devenir Saint Jean qui venait de perdre un guide, un protecteur, un modèle accompli de zèle apostolique et de sainteté sacerdotale, en la personne de Mélétius. »  Des craintes infondées,  Saint Jean Chrysostome était prêt à voler de ses propres ailes  et suffisamment fort spirituellement pour faire appel à la raison et à l’intelligence des fidèles et de ceux qui ne l’étaient pas encore.

      Saint Jean Chrysostome, Evêque de Constantinople               

  Cette immense figure des débuts de l’Eglise catholique en Orient, fut nommée évêque de Constantinople, en 398 ; mais il fallu insister pour qu’il accepte la charge, utiliser la ruse pour  qu’il aille de lui-même à Constantinople ; s’estimant indigne de cette fonction, il tint ce discours à l’empereur Arcadius : « Quand j’ai vu le fardeau que vous voulez mettre sur mes épaules (…) Je viens en cette chaire par la permission de Dieu  et commencerai à vous dire ce que Notre Seigneur lui-même  et Saint Jean Baptiste prêchèrent avant toute chose, qui est de faire pénitence (…), je ne respecterai personne, je dirai librement à tous ce qui est de mon devoir, si vous le faites, vous me réjouirez fort, et l’esprit de Dieu aussi et le profit vous en demeurera ; sinon à vous le dommage et à moi le regret. »

          L’Eglise aide à construire une société plus humaine

  Le peuple d’Antioche regretta son départ, lui qui était devenu le peuple de Saint Jean Chrysostome. Mais celui de Constantinople l’attendait aussi. C’est à une nouvelle approche de la société qu’il nous amène avec une vision fraternelle entre Chrétiens, païens et Juifs, mais  ne nous réjouissons pas trop vite,  il reste encore un long combat à mener, malgré certaines victoires qui sont encourageantes, car après la mort de Saint Jean Chrysostome, les luttes fratricides ou non, continuèrent encore tout au long de l’Histoire de L’Eglise.

  La fraternité, c’est avant tout la charité et l’amour de son prochain, rien de plus difficile en vérité ! Cela fait des siècles qu’on essaye…  Revenons à Saint Jean Chrysostome ; il tenait à ce que nous soyons frères et sœurs à égalité de droits, où chacun est le pauvre de l’autre. La cité est une communauté de citoyens libres et autonomes, une structure humaine et sociale, il n’y a pas d’état indépendamment d’une communauté humaine concrète.

  Les exemples ne suffisent jamais mais ils sont nécessaires et Saint Jean Chrysostome qui fut un homme de paix, dut engager bien des batailles, lui qui aurait tant voulu faire vivre cette Famille Chrétienne  parfois recomposée, souvent décomposée !

  Il veilla à ne pas donner à sa fonction et à sa vie de tous les jours, plus de faste qu’il n’était nécessaire, et il était impitoyable sur les pratiques de l’Eglise. Il refit donc à Constantinople ce qu’il avait accompli à Antioche : argumenter, lutter contre les turpitudes, l’égoïsme, l’esprit de secte, l’incrédulité, affronter les Ariens, toujours eux mais aussi les Manichéens, et les Valentiniens.

  On entendit encore longtemps, les Ariens vociférer, en hurlant : «  Où sont- ils ceux qui affirment que trois puissances n’en sont qu’une ? Ils faisaient bien sûr référence au mystère de la Transfiguration avec le changement d’apparence du Corps du Christ pour Lui permettre de révéler sa nature divine : Il prend  avec Lui trois de ses disciples : Pierre, Jacques et son frère Jean, les emmène sur une montagne et là, son visage resplendit comme le soleil et ses vêtements devinrent d’une blancheur éclatante. Un moment qui cristallise la divinité du Christ et qui  ne fut pas toujours bien compris par ses compagnons. On imagine sans peine que cela soit incompréhensible pour ceux qui n’avaient pas la foi.

  Néanmoins, il surmonta ces obstacles, et il ne lui a pas fallut plus de deux ans pour que les trente trois provinces de son patriarcat rentrent dans le rang.

  Saint Jean Chrysostome était un homme d’une immense rigueur morale, ce qui lui vaudra bien des tourments de la part de ses pairs, dont certains évêques et des séculiers, mais aussi des puissants de l’époque comme une certaine Eudoxie, épouse de l’empereur Arcadius, qui sera la cause directe de l’exil forcé de l’évêque ,et plus encore, car on ne se contentera pas de l’emmener aux portes du royaume mais aussi et surtout, aux portes de la mort. La haine inexpugnable de cette impératrice trouve son explication dans les critiques sur ses dépenses et son train de vie excessifs formulées par l’évêque!

              Les évènements se précipitèrent :

   Alors même que le saint pape Innocent 1 voulait rétablir l’évêque sur le trône épiscopal de Constantinople, une assemblée d’évêques, dont Théophile et Atticus emmenée par l’évêque Séverien de Gabalès , bras armé de l’impératrice, arguait de fallacieux arguments pour empêche le retour de Saint Jean Chrysostome qui était enfermé dans la forteresse d’Arabisse. Le temps pressait, il fallait faire disparaître Saint Jean Chrysostome, l’emmener aux confins du royaume. Un périple à travers les plaines de Sébaste, le bassin de Halys ; des montagnes à franchir entre des sommets vertigineux et des ravins qui l’étaient tout autant et puis « l’arrivée ». La fin de la route pour Saint Jean Chrysostome, plus  épuisé physiquement que moralement car le découragement ne l’a jamais vraiment saisi, il savait qu’au bout de cette route l’attendait Jésus.

         Comana : L’ultime Etape avant son arrivée glorieuse au Ciel

  L’église de Saint Basilisque accueillera les derniers moments de Saint Jean Chrysostome, où Le Saint du lieu, apparaîtra dans un songe pour les derniers moments de Saint Jean Chrysostome, le réconfortant par ces quelques mots : « Courage, mon frère, courage, demain vous serez avec moi. » 

  Le peuple des fidèles qui avait compris tout ce qui s’était tramé  contre leur évêque accourut de toutes les régions de Cilicie, de Syrie, de Pont et d’Arménie.

  Saint Jean Chrysostome communia une dernière fois sur cette terre et ses derniers mots furent pour Dieu : «  Que Dieu soit loué de toutes choses. » Nous étions en l’an 407.

Ses reliques seront transférées dans la basilique Des Saints Apôtres à Constantinople, avant de reposer pour l’éternité dans la Basilique du Vatican sur un autel qui porte son nom.

  Son œuvre est immense : mille deux cents pages, connues à ce jour, constituées entre autres, par ses homélies et ses Commentaires sur les  Saintes Ecritures.

             Quelques pensées de Saint Jean Chrysostome :

« Le péché est une blessure. La repentance est un remède ».

« L’amour du mari et de la femme est une force qui soude la société ensemble».

« Prier pour soi – même, est un instinct de nature ; prier pour les autres est un instinct de grâce ».

 Monique Ravel

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