Saint Léon Le Grand Pape et Docteur de L’Eglise

Saint Léon Le Grand Pape et Docteur de L’Eglise

Novembre 2021- Saint Léon Le Grant  

                       Fêté le 11 Novembre

Cette figure majeure de l’Eglise, naquit à la fin du IV siècle, en Toscane (Italie)Sa famille, de nobles patriciens d’origine Toscane et son père Quintianus lui donneront une excellente éducation. Ceci étant, on ne dispose pas d’éléments supplémentaires sur son enfance ou son adolescence, on sait qu’il ne parlait pas le Grec et qu’il s’intéressait peu à la Philosophie. Il n’en aura pas besoin pour être le grand pape qui marquera l’histoire de l’Eglise catholique, dont il réaffirmera les bases définitives sur lesquelles cette dernière s’appuie aujourd’hui, dans ses fondements même, avec entre autres, la réaffirmation de ses dogmes.

Il débuta son apostolat en tant qu’archidiacre de la Ville de Rome, des fonctions qui lui permirent de déployer ses qualités de diplomate, lors d’un différend opposant deux généraux de l’armée romaine en Gaule.  En effet les conflits éclataient de toute part : que ce soit  à l’intérieur de l’empire romain d’Occident où l’hérésie couvait déjà, et aux frontières, où les hordes de Francs, de Wisigoths, les Huns et les Vandales piaffaient d’impatience dans l’attente de tout pouvoir saccager ; le chaos menaçait donc tant sur le terrain que dans les cœurs.

 A la même époque, le pape Célestin III meurt et Saint Léon lui succède. Son élection, le 29 septembre 440, est une date déterminante dans  l’histoire de l’Eglise, laquelle était en grand danger. Le choix de Saint Léon fera l’unanimité à travers les siècles car tous les papes qui lui succéderont se réfèreront à lui.

C’est ainsi qu’un de ses lointains successeurs, Benoît  XIV,  le nommera Docteur de L’Eglise en 1754, un fait rarissime  dans l’histoire de l’Eglise, et un de nos contemporains, le Pape Benoît XVI rappellera en 2018, le rôle déterminant de Saint Léon à une époque où selon ses propos: « Il fallait assurer la transition entre la Rome païenne et la Rome chrétienne. »

                        La Lettre à Flavien : «  C’est Pierre qui a parlé par  Léon. » Assemblée des six cents Evêques participant au concile de Chalcédoine

Il ne fallut pas moins de trois conciles, entre les années 448 et 451 pour remettre bon nombre d’hérétiques dans le droit chemin.

Saint Léon, aura été parmi les successeurs de Saint Pierre, un des plus à même, d’imposer de façon ferme et définitive la position doctrinale de l’Eglise dans un document connu sous le nom de Lettre à Flavien adressée à l’évêque de Constantinople, et adoptée lors du concile de Chalcédoine en 451.

Avant d’obtenir cette consécration, les opposants et théoriciens de l’absurde mirent  tout en œuvre pour faire valoir leurs opinions et ils organisèrent à peu de temps d’intervalle deux conciles :Le premier qui se déroula à Constantinople sous l’égide de L’évêque Flavien où s’affrontait les monophysites, lesquels reconnaissaient la divinité du Christ, mais refusaient qu’Il soit vraiment homme, et les nestoriens qui reconnaissaient que le Christ était vraiment homme mais pas vraiment le Verbe de Dieu.

 L’affrontement continuera de plus belle au cours de ce que l’on peut qualifier de vrai faux concile d’Ephèse, lors duquel débattrons en toute mauvaise foi, les partisans de ces thèses insoutenables.

  Le pape Saint Léon avait fort à faire pour éteindre tout ce magma hérétique, mais il prit soin de dialoguer avec ces esprits confus, et notamment avec un des meneurs, le moine Eutychès ; Saint Léon fit preuve de son habileté coutumière car au lieu d’ignorer ce concile, qu’il  n’avait  d’ailleurs pas convoqué, comme cela aurait dû l’être, il se fit représenter; il ne pouvait quitter Rome où il essayait en même temps de défendre la population contre l’invasion des Huns, par des grandes personnalités du monde religieux, tous porteurs des lettres du pape, dans lesquelles celui-ci mettait fin aux inepties des uns et des autres et où il exposait la doctrine catholique sur la personne et la nature humaine et divine de Jésus-Christ sans confusion ni séparation.

                                                  La Lettre à Flavien

Le grand Bossuet a qualifié cette lettre de divine, dont voici quelques extraits :

Au sujet d’Eutychès, « Il n’a pas voulu s’instruire pour faire le Bien, il a médité l’iniquité sur son lit (…) S’il ne pouvait comprendre ce qui avait été dit par les prophètes, les Ecrits des Apôtres ,ni dans les Evangiles, il aurait pu du moins prêter quelque attention à cette profession de foi commune , que récitent sans distinction tous les fidèles et par laquelle ils affirment qu’ils croient en Dieu, le Père tout-puissant , et en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre-Seigneur, qui est né de l’Esprit Saint et de la Vierge Marie (…) car si nous croyons que Dieu est Père et est tout puissant , il s’ensuit que son Fils, lui est coéternel et ne diffère en rien de son Père : engendré par le Dieu tout-puissant et éternel, il est, comme lui, tout-puissant et éternel (…)Le Verbe fait ce qui appartient au Verbe et la chair ce qui appartient à la chair (…) On ne saurait trop le répéter, il est à fois le vrai Fils de Dieu, et le vrai Fils de l’homme : il est Dieu, puisqu’il est écrit : Au Commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu ; et Il est homme, puisque le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous(…) S’il admet  que Notre-Seigneur a été vraiment crucifié et qu’il a accepté un supplice véritable pour le salut du monde , il faut pour croire à sa mort, qu’il reconnaisse la réalité de sa chair(…)S’il nie la réalité de la chair, il faut qu’il nie aussi la souffrance corporelle. Si donc il accepte la foi chrétienne et veut bien prêter l’oreille aux enseignements de l’Evangile, il reconnaitra quelle est la nature qui a été percée de clous et attachée à la croix… L’Eglise catholique vit et se perpétue par cette croyance, que dans le Christ Jésus, l’humanité n’est pas sans véritable divinité, ni la divinité sans véritable humanité(…) »

Ces paroles du pape  sont tellement belles et précises, qu’elles n’auraient dû souffrir d’aucunes répliques de la part de ceux à qui elles étaient adressées.

Hélas, ce fut tout le contraire, il fallait persister sur le chemin de la déraison, il fallait aller jusqu’au bout de l’absurde, il fallait en arriver aux mains, Il fallait en arriver au vrai faux assassinat  de Flavien, archevêque de Constantinople ; cette expression employée à dessein, car certains pourraient dire qu’il n’y avait pas une vraie intention d’attenter à sa vie : on s’est contenté de le bousculer, de le renverser et de le piétiner, lui infligeant des blessures dont il ne se remettra pas !.

Petit rappel des faits : Il fallait voter pour départager les partisans d’Eutychès et ceux qui tentaient vainement de leur faire entendre raison ; ceux- ci n’étaient pas assez nombreux, quarante deux évêques sur plus d’une centaine, qui plus est, des votes obtenus par la force car beaucoup d’évêques furent maltraités par les hommes de l’empereur Théodose Le Jeune, qui soutenait le moine félon, ainsi que  des voies de fait commises sur Saint Flavien, qui entraînèrent sa mort quelques jours plus tard. Quant aux légats du pape, ils firent preuve d’un grand courage, refusèrent de voter et eurent bien du mal à rentrer sains et saufs à Rome, où les nouvelles n’étaient pas très bonnes, car Saint Léon devait remettre de l’ordre dans la vie des membres de l’Eglise, mais aussi tenter de défendre  la ville. On sait qu’il exerçait sa juridiction sur cette ville, mais aussi sur la Gaule, l’Espagne et l’Afrique du Nord.

              Saint Léon met en déroute les Huns et les Vandales

Entretemps, Saint Léon accomplit deux miracles, le premier en 452  à l’exemple de Sainte Geneviève qui détourna Attila de Paris, il fit reculer ce même Attila : le ciel l’aida  grâce d’une part, à ses nombreuses prières, toujours comme Sainte Geneviève, et d’autre part, par la présence des apôtres Saint Pierre et Saint Paul qui se tenaient derrière lui. Cela suffit largement à faire fuir Attila et son armée et quelques années plus tard, en 455 ,il parvint à négocier avec Genséric, le roi des Vandales pour les empêcher de brûler la ville, de violer ou voler, mais il eut moins de succès dans cette entreprise. Il pu néanmoins sauvegarder les trésors des églises Saint Pierre et Saint Paul.

Saint Léon n’a pu terminer son immense labeur, c’est une mission qui appartient à Dieu seul.

Il quitte cette terre, le 10 Novembre 461, après avoir siégé vingt et un ans sur le trône de Saint Pierre.

Ses reliques reposent dans l’Eglise du Vatican, sur l’autel dédié sous l’invocation de Saint Léon.

«  Gloire et puissance de la Croix. Le Seigneur est livré à ceux qui le haïssent. Pour insulter sa dignité royale on l’oblige à porter lui-même l’instrument de son supplice. Ainsi s’accomplissait l’oracle du prophète Isaïe : il a reçu sur ses épaules le pouvoir. En se chargeant ainsi du bois de la croix, de ce bois qu’il allait transformer en sceptre de sa Force,  c’était aux yeux des impies un grand sujet de dérision, mais pour les Fidèles, un Mystère étonnant : le Vainqueur glorieux du démon, l’Adversaire du Tout-Puissant des puissances du mal, présentait sur ses Epaules, avec une patience invincible, le Signe du Salut, à l’adoration de tous les peuples. » Pape Saint Léon Le Grand

Monique Ravel

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