Notre Dame de GUADALUPE Fêtée le 12 Décembre

Notre Dame de GUADALUPE Fêtée le 12 Décembre

Notre Mère à tous, Notre Dame de Guadalupe  a donné l’impulsion à tous ceux qui, à Sa suite, suivirent Son illustre exemple.  En effet, Elle sera la Première à évangéliser le continent du Nouveau Monde, l’Amérique du Sud ; et c’est par le Mexique qu’elle commencera Son œuvre immense pour faire connaître l’amour de Son Fils à toutes ces nouvelles populations. 

   Revenons à la découverte du Mexique par Francisco Hernandez de Cordoba et l’arrivée des Espagnols et de son armée de Conquistadors emmenée par le général Hernan Cortéz qui en deux ans, de 1519 et 1521 seulement, renversa l’Empire Aztèque entraînant la disparition progressive des croyances et des rites traditionnels des Indiens. Dans la foulée, une mission officielle de douze missionnaires franciscains débarquèrent à leur tour sur le sol mexicain.

  Ainsi, en peu de temps, les Espagnols avaient-ils pris les commandes du pays, et mis à la tête de l’Eglise catholique, un franciscain, Frère Juan de Zumarraga, le premier évêque au Mexique et qui va avoir un rôle essentiel aux côtés de Diego Cuauhtlatoatzin, « l’Aigle qui parle, »  en langue Nahuatl, futur Saint Juan Diego, canonisé par le pape Jean Paul II le 31 juillet 2002.

   Mais ne brûlons pas les étapes de ce long parcours, de ce cheminement de Dieu dans le cœur des Mexicains et plus tard des habitants des autres pays de ce continent pour les amener jusqu’à Jésus le Fils de Notre Dame de Guadalupe. Ici, une petite précision s’impose quant aux origines du nom de la Sainte Vierge, lequel appartiendrait à la fois au Nouveau  Monde et à l’Ancien avec l’Espagne : tout simplement une association des deux langues afin d’être mieux compris  par les Mexicains. En effet, La Sainte Vierge pour faire passer Son Message, comme on dit aujourd’hui, s’est adressée dans la langue du pays où, d’une part, Elle allait Apparaître et d’autre part, où Elle allait matérialiser son action, en prenant comme représentation de Son Image, celle des Femmes du pays qu’Elle avait élu pour être le premier, sur ce Continent que l’on venait de découvrir, à entendre la Voix de Son Fils.

  Notre Dame de Guadalupe a choisi la date du 9 décembre 1531, juste après des évènements qui effrayèrent tous les habitants : un tremblement de terre, la découverte de la comète de Halley ainsi qu’une éclipse solaire.

   En temps normal, Juan Diego, qui venait ainsi que sa femme d’être baptisé par les frères franciscains, faisait deux fois par semaine les quarante kilomètres pour suivre des cours de catéchisme et assister à la messe à Mexico, qui n’était pas à l’époque, la grande capitale que l’on connaît aujourd’hui mais une petite île sur le lac Texoco. La route était longue, très accidentée, et en s’approchant de la colline de Tepeyac où se trouvait le temple d’une déesse aztèque, Juan Diego, entendit soudain des chants d’oiseaux,  et vit en même temps, la plus merveilleuse apparition qui soit, Notre Dame de Guadalupe dans un étincellement de lumière blanche. Cette apparition n’était pas celle de la Sainte Vierge que l’on connait habituellement  si l’on peut dire, mais une Sainte Vierge métissée, ni claire comme les Espagnols, ni foncée comme les Indiens, son Visage représentant en fait l’alliance  entre l’ascendance européenne et indienne.

  Ecoutons la s’adresser à Juan Diego, dans sa langue, le Nahuatl  en se servant de son diminutif : « Juantzin, Juan Diegotzi , Je veux que tu saches avec certitude, mon très cher fils, que je suis la parfaite et toujours Vierge Marie, Mère du vrai Dieu, de qui provient toute vie, le Seigneur de toutes choses , Maître du ciel et de la terre, je désire ardemment qu’un temple soit construit ici pour moi. J’Y  offrirai tout mon amour, ma compassion, mon soutien et ma protection à tout mon peuple. Je serai toujours disposée à écouter leurs larmes, leur tristesse, à purifier, à guérir leurs malheurs, leurs peines et leurs douleurs variées.» Rends toi chez l’évêque de Mexico et dit lui que je t’ai envoyé et que c’est mon désir, qu’un temple soit érigé ici.

  Juan Diego était surement abasourdi et inquiet en même temps, d’autant plus que la Sainte Vierge lui demandait d’aller voir un grand personnage de l’Eglise catholique, Mgr Juan de Zumarraga

  Ce dernier, on en a déjà parlé, était dans une position des plus inconfortables ;  bien que nommé par le roi d’Espagne, Charles V, et évêque  de la ville de Mexico, il devait composer avec le gouvernement mis en place par le roi, appelé la Première Audience, laquelle mettait souvent des bâtons dans les roues des missionnaires franciscains qui tentaient d’évangéliser le pays.

   Il faut se mettre à la place de Juan Diego, qui s’estimait indigne d’être le messager de la Sainte Vierge, qu’il ne connaissait pas évidemment, était pour lui quelqu’un d’absolument inaccessible. La Sainte Vierge le rassura comme l’aurait fait une mère pour son enfant en qui elle avait toute confiance et qu’il fallait encourager.

   Courageusement, Juan Diego franchit  bien des obstacles pour arriver jusqu’au bureau de l’évêque et leur premier contact fut assez décevant pour Juan Diego, à qui l’évêque demanda de lui apporter des preuves de son récit, sans plus, sans vraiment le croire.

   Pour tout arranger, Juan Diego, devait aller voir le seul parent qui lui restait, un oncle, qui est un membre de la famille très important pour les Indiens et qui était très  malade. C’était beaucoup de chose à la fois pour Juan Diego.

   Il était complètement désemparé,  tout cela le bousculait et il choisit d’aller le voir, avant tout, probablement  aussi pour lui parler de tout ce qui lui était arrivé.

  Mais Notre Dame de Guadalupe l’arrête en chemin, le rassure sur l’état de santé de son oncle qui mourra beaucoup plus tard et lui indique « la marche à suivre » si on peut dire, pour convaincre l’évêque.

  C’est ainsi que Juan Diego retourne sur le mont Tepeyac, pour aller chercher des fleurs, dans une région où normalement il n’y en avait pas. On n’y trouvait que des cailloux  et des pierres, surtout en plein hiver ! Cette fois-ci Juan Diego ne discuta pas, arrivé au sommet il vit un superbe parterre de fleurs recouvert de rosée et au délicat parfum. La Sainte Vierge qui l’accompagnait lui demanda d’ouvrir sa tilma, un genre de poncho, servant à la fois de vêtement et de sac pour transporter des marchandises, dans lequel Elle disposa des fleurs.

  Les fleurs et le chant ont une signification religieuse  très importante pour les Indiens : les premières symbolisent la Vérité, en effet pour vivre,  elles ont besoin de racines solidement ancrées dans la Terre ; et le chant permet, comme pour nous, de s’adresser à Dieu d’une manière plus harmonieuse.

  Muni de son précieux chargement, il retourna chez l’évêque et le miracle s’accomplit dans toute sa beauté : les fleurs se répandirent sur le sol mais surtout, c’est le visage de la Sainte Vierge qui était imprimé sur la grossière étoffe et qui transporta de bonheur l’évêque! Enfin il comprit, s’agenouilla en pleurs, pria avec Juan Diego à qui il demanda de rester quelque temps avec lui, et alla porter la tilma dans sa chapelle privée.

  Les choses allèrent très vite ensuite : le 26 décembre de la même année, une première chapelle de notre Dame de Guadalupe sera inaugurée, à l’occasion de laquelle un Indien blessé mortellement par une flèche, ressuscitera immédiatement dès qu’on aura apporté à côté de son corps la tilma.

               La tilma, une étoffe de tissu à nulle autre pareille 

            La tilma est éternelle puisque elle est l’œuvre de Dieu.

   Elle est tissée à partir de fleurs de cactus, dont on coupe deux panneaux de tissu cousus ensemble sur la longueur, cela permet de se protéger des intempéries et en même temps,  peut servir de sac, voilà pour ce qui est de l’usage classique, tel qu’il existe encore aujourd’hui.

   Le tissu aurait dû normalement être déchiré, usé, bref en lambeaux ! Il n’en n’a rien été, au contraire plus de cinq cents ans après, il est toujours intact, et l’image de la Sainte Vierge, qui n’est pas une peinture, a gardé ses couleurs extraordinaires, la couleur du tissu, bleu turquoise et celle de la robe de la Sainte Vierge d’un brun très particulier, n’ont absolument pas bougé.

  La tilma a résisté au temps, le visage de la Sainte Vierge et sa  grande douceur, témoignent s’il en était encore besoin de l’origine divine de cette œuvre.

  Ni le temps, ni des évènements dramatiques comme un attentat à la bombe en 1921 dans la basilique de Notre Dame de la Guadalupe ainsi qu’une projection accidentelle d’acide nitrique n’ont entamé la tilma de Juan Diego.

  Ce mystère  est aisément compréhensible pour ceux qui ont la foi mais pour les autres aussi, qui sont obligés de le reconnaître ; ainsi des scientifiques, des chimistes prirent le relais pour trouver des explications rationnelles : avant même son installation dans la basilique, la tilma fut transférée dans une autre chapelle appelée l’Hermitage où le salpêtre contenu dans l’air humide aurait dû détruire la couleur argent du décor intérieur, qui plus est ,tous remarquèrent que : « Sur l’envers elle était rugueuse et dure, alors qu’à l’endroit elle était douce et lisse comme de la soie . »

   Tous conclurent que : « Notre intelligence limitée est incapable de l’expliquer. »

  Néanmoins les recherches se sont poursuivies jusqu’à très récemment. Voici quelques étapes-clés que l’on peut situer entre les années 1929 pour le photographe Alfonso Marcus et 1956 pour l’ophtalmologiste Javier Torroella Bueno, ces derniers ont remarqué en examinant les yeux de Notre Dame  de Guadalupe qu’il y avait dans ses pupilles l’image d’un être vivant humain, on y constatait même le reflet de quatre autres personnes parmi lesquelles Juan Diego, l’évêque et son interprète.

  D’autres examens scientifiques plus récents encore, en 1981 font dire au docteur José Aste Tonsmann : « La présence des images dans les deux yeux de la Vierge de Guadalupe constitue, sans aucun doute, l’une des preuves les plus solides de la difficulté à trouver une explication naturelle à sa fabrication. » En tout état de cause, on a bien discerné l’image d’un homme, les mains tendues vers le ciel, ce serait bien Saint Juan Diego, dans l’œil droit de Notre Dame de la Guadalupe.

  Comme il est magnifique pour nous Chrétiens de redécouvrir tout cela, ce récit, cet épisode de la vie d’un peuple et de sa rencontre avec la Mère de Dieu. Nous n’aurons pas trop de toute notre vie pour rappeler encore et toujours le message de la Vierge Marie : Dieu est Amour, Il nous aime. Nous sommes tous ses enfants, peu importe la couleur de notre peau, peu importe notre vie antérieure, ce qui compte à Ses Yeux, est que l’on veuille changer la couleur de notre âme, si celle-ci a perdu l’éclat que Notre Seigneur lui a donné à notre baptême.

  Et c’est bien le baptême de Juan Diego, qui l’a conduit à cette rencontre avec la Vierge de Guadalupe. Sa vie a continué sur le chemin de la sainteté, pas après pas ; comme cela on est certain de ne pas manquer les étapes ; Juan Diego était toujours prêt à aider son prochain, il passera le reste de sa vie, dans la sacristie, à côté de la basilique, fidèle « intercesseur » de  la Vierge de Guadaloupe. Il mourra en 1548, la même date que Mgr Juan de Jumarraga. Ce n’est sûrement pas une coïncidence, mais un signe de La Vierge de Guadalupe, un signe de Sa satisfaction pour le travail réalisé par ces deux bons chrétiens.

  Leur travail n’est pas terminé mais les «encouragements » qu’ils reçurent ont été nombreux ! Neuf millions d’Indiens après la première Apparition de Notre Dame de Guadalupe , se convertirent à la religion catholique, et cela se passait au XVI siècle, faut-il le rappeler.

  De nos jour, la dévotion des Chrétiens du Nouveau Monde ne s’est pas démentie et a gagné l’Amérique du Nord, ceci grâce notamment à l’éminente action de Daniel J. Lynch , ancien avocat et magistrat et qui est devenu le Gardien National de l’Image Missionnaire de Notre Dame de la Guadalupe ; grâce aussi à Carl A. Anderson Chevalier Suprême de l’organisation fraternelle de Bienfaisance des Chevaliers de Colomb qui rassemble plus de deux millions d’hommes catholiques dans le monde, qui a coécrit avec Eduardo Chavez : « Notre interaction avec la création de Dieu que ce soit avec l’homme ou avec les autres créatures , est un fruit de l’amour, de l’amour de Dieu.(…)dans tout ce que nous faisons, l’amour est la mesure, le but et la motivation. » Il rejoint ainsi Saint Augustin, pour qui la mesure de l’amour est d’aimer sans mesure.

  La tilma a « déménagé »une dernière fois dans la nouvelle basilique, le 12 décembre 1976, jour de la fête de Notre Dame de Guadalupe.

  Le vieux continent n’est pas en reste pour manifester son amour à Notre Dame, nombre d’églises, de sanctuaires, de chapelles, lui sont consacrés, à travers les Etats-Unis, le Canada, mais aussi le Japon, les Philippines, la Suède, l’Angleterre, et l’Espagne.

  Les souverains pontifes lui ont tous montré leur grand attachement, notamment le Pape Jean XXIII  qui l’avait  surnommée : « La Missionnaire Céleste du Nouveau Monde. »

  Le Pape Jean Paul II lui consacra une chapelle dans la Basilique Saint Pierre, sous l’autel central.

  La basilique de Notre Dame de la Guadalupe est la plus visitée après celle de Saint Pierre de Rome.

  En 1992, les célébrations des cinq cents ans de l’évangélisation de l’Amérique du Sud furent placés par les évêques sous la protection de Notre Dame de Guadalupe, patronne des Amériques : « Elle fut la première véritable porteuse du Christ ; par son intercession, puissions- nous, ses fils et filles fidèles, renaître et redécouvrir la joie, la splendeur et la promesse qui sont accordées aux porteurs de la Bonne Nouvelle. »

Monique Ravel

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