Mars 2022 – Ste Marie- Eugénie de Jésus,

Mars 2022 – Ste Marie- Eugénie de Jésus,

                                          Fêtée le 10 Mars

   Fondatrice de la Congrégation Apostolique des Religieuses de l’Assomption« L’enseignement chrétien est un enseignement appliqué à la glorification de notre foi et fidèle à n’accepter que les doctrines du Saint-Siège. » Sainte Marie-Eugénie de Jésus  

  Anne Eugénie Milleret, en religion Marie-Eugénie de Jésus, est née le 26 Août 1817 à Metz, dans le château familial qui a appartenu au roi Dagobert. Son père Jacques, banquier et député,  ainsi que sa mère née Eugénie de Brou, appartenaient à la  grande bourgeoisie mais  peu pratiquants, néanmoins sa mère donna à ses enfants une éducation catholique, du moins dans les grandes lignes. La famille pratiquait un catholicisme mondain, qui ne se souvenait de Dieu que dans les grandes circonstances de la vie. Anne-Eugénie ne fut pas épargnée dans sa jeunesse, avec l’immense douleur de perdre sa mère qui mourra très jeune du choléra.

      Une Première Communion très « solennelle » où elle retrouve Dieu

Revenons à Marie Eugénie de Jésus et à un moment essentiel  de sa vie, celui de sa première Communion, elle avait douze ans, le 25 décembre 1829, dans l’église Sainte Ségolène à Metz.  Ecoutons-la : « Lorsque j’ai fait ma première Communion, j’ai été saisie de l’infinie grandeur de Dieu et de mon extrême petitesse. J’ai éprouvé une telle impression, qu’à un moment tout a disparu autour de moi ; je ne voyais plus rien, je me sentais comme transportée, moi si petite devant le Trône de Dieu…(…). » Et  Dieu lui dit: « Tu perdras ta mère, mais je serai pour toi plus qu’une mère. Un jour viendra où tu quitteras tout ce que tu aimes pour me glorifier et servir cette Eglise que tu ne connais pas. »

   C’est ainsi que Jésus-Christ lui a révélé toute sa vie et que tout sera accompli comme Il le souhaitait.

  Après la mort de sa mère, son père la confia à de riches parents, mais l’insouciance de la jeunesse était en train de la quitter ; elle renoue avec  la foi en assistant aux Conférences de Carême de l’abbé Lacordaire ; puis c’est une autre rencontre décisive, avec l’abbé Combalot  qui la mène sur le chemin de la Croix. Désormais, elle veut devenir religieuse et entre, sur ses conseils, chez les Bénédictines du Saint Sacrement à Paris puis chez les Visitandines de la Côte saint André en Isère.

  L’entrée de l’abbé Combalot  premier guide spirituel de Mère Marie Eugénie de Jésus

  La préparation spirituelle de Marie Eugénie lui donnait toute satisfaction, l’abbé avait de grands projets dont celui de créer une congrégation  dédiée à Notre Dame de l’Assomption, à destination des jeunes filles de la bourgeoisie mais éloignées de la religion, car disait-il : «  Les femmes étaient le dernier asile de la foi et des œuvres que la foi engendre. C’est d’elles que dépendait l’avenir chrétien de la patrie. ». L’abbé Combalot avait trouvé en la future sainte, la parfaite représentante de cette œuvre sur terre.

  Marie-Eugénie de Jésus a une vingtaine d’années lorsque l’abbé Combalot  lui demande de fonder l’Assomption. Elle n’a pas vraiment de crainte à ce sujet, c’est tout de même une lourde charge pour cette toute jeune femme, mais une pensée la domine : Elle va pouvoir, selon ses propres termes, rendre à Dieu une gloire égale à celle qu’il mérite, puisque Jésus-Christ l’adorera dans son cœur.

   Le  14  Août 1840 est un des jours les plus importants dans sa vie avec la prise d’habit, au cours d’une cérémonie présidée par Mgr Affre.

   Elle n’était pas seule, de fidèles compagnes, jeunes femmes d’un excellent cœur et d’une grande foi l’accompagneront toute leur vie durant, dont Catherine O’Neill Sœur Thérèse-Emmanuel de la Mère de Dieu, Anastasia Bévier, Sœur Marie-Augustine de Saint Paul,  Joséphine de Commarque Sœur Marie-Thérèse de L’Incarnation. Chacune d’entre elles, unies sous la direction de Mère Marie Eugénie de Jésus poseront les premières pierres de la congrégation de l’Assomption, selon la Règle de Saint Augustin.

  Puis  ce sera la naissance de la  toute première communauté de l’Assomption, et la pose des premiers pierres de cette immense  œuvre, dont le but premier était d’étendre le règne de Jésus-Christ avec pour modèle la Vierge Marie ; ce n’est qu’au printemps 1842,  qu’elle met en place le premier pensionnat, à cette époque également, elle prend le nom de Mère Marie-Eugénie de Jésus.

  Que de questions ne s’est-elle pas posé avant cette étape décisive, mais elle avait une croyance chevillée à son âme qui était l’Eucharistie. Et  le sacrement de Confirmation qu’elle reçut des mains de Mgr de Quélen, ne fera que renforcer ce sentiment et sera pour elle : « La porte d’une voie nouvelle ».

Mère Marie-Eugénie de Jésus avait reçu une parfaite éducation, possédait les langues latine et anglaise et adorait Schiller.Tout la préparait à être la grande pédagogue reconnue par tous.

  Avant d’enseigner, les religieuses devaient apprendre, tout spécialement le latin qui leur permettait de découvrir les trésors de l’Ecriture Sainte, de la Théologie, et de la Liturgie.

  Entretemps, en 1841,  juste avant l’ouverture de ce pensionnant, l’abbé Combalot  appelé à  Rome  pour d’autres fonctions, transmettait le flambeau à l’abbé Emmanuel d’Alzon, pour le  remplacer dans son travail de guide spirituel auprès de Mère Marie-Eugénie de Jésus.

  L’ouverture du premier pensionnat avait été très bien accueillie par la bonne société, madame de Chateaubriand l’avait pris sous son aile ainsi que Montalembert, parent d’une des religieuses. L’évènement eut même les honneurs de la presse de l’époque : ainsi la Gazette de France qui voyait dans l’ouverture du pensionnat, l’immense chance de : « Faire de vraies mères de familles, donner des connaissances étendues, et les habitudes simples et fortes sans lesquelles elles ne sauraient exercer aujourd’hui l’influence que le christianisme doit leur donner. 

  Mais ce qui était le plus intéressant dans la création de cette congrégation religieuse, concernait les méthodes éducatives.

          Les premières leçons de vie de jeunes chrétiennes

  L’esprit de Dieu imprègne vite les jeunes âmes ; comme le constate Mère Marie-Eugénie de Jésus, qui nous parle d’une petite fille âgée de quatre ans, qui fait souvent des petites bêtises, et lorsqu’on lui demande ce qu’aurait fait le petit Jésus à sa place, comprend  immédiatement qu’elle ne s’était pas bien comportée. Une autre jeune fille, plus grande cette fois, qui avait un oncle  vice-roi des Indes et qui en concevait une fierté excessive, répondit après quelques années d’enseignement, que la plus grande des dignités  était la prêtrise.

  Mère Marie-Eugénie de Jésus était secondée par son alter ego, Mère Thérèse Emmanuel qui s’occupera pendant les cinquante ans de son sacerdoce, de la formation religieuses des novices. Elle devait renforcer les traditions de l’Institut : « Nous sommes dans le temps où l’esprit de l’Assomption se fait ; nous sommes à la source de la congrégation, à l’origine de tout. Les traditions se formeront sur notre conduite…» L’entente était, entre Mère Marie-Eugénie de Jésus et Mère Thérèse Emmanuel, comme le rapportait, Germain Breton, Prélat de la Maison de Sa Sainteté et Recteur de l’Institut catholique de Toulouse, une représentation parfaite de Marie et de Marthe.

       Rencontre avec le Vénérable Emmanuel d’Alzon

  Une personnalité sans laquelle l’œuvre de Mère Marie-Eugénie de Jésus n’aurait peut-être pas été possible.

   Revenons sur le parcours à la fois classique et brillant de cet homme  de très haute lignée et dont la famille a toujours connu Dieu. Il fait ses études de Théologie à Rome où il sera ordonné prêtre, le 26 décembre 1834, il y célèbrera sa première messe en la basilique Saint Jean de Latran. Il refusera une carrière dans les Ordres, et restera sa vie durant Vicaire Général du diocèse de Nîmes dont il relevait. Le dernier évêque  qu’il servit, Mgr Besson, le décrivait ainsi : « L’abbé Emmanuel d’Alzon qui avait tout reçu de la nature, ne cessa d’accroître par l’étude le fond de ses connaissances. Rien ne lui demeura étranger, excepté peut-être l’architecture et la musique. Théologie, Ecriture Sainte, controverse, ascétisme, Histoire Sacrée et profane, poésie, éloquence, liturgie, politique, il étudia tout (…) Prédicateur populaire (…), il n’ambitionna qu’une gloire celle d’éclairer et de convertir(…) La confession d’un seul pécheur suffisait à le délasser de tout un carême. »

  Cet homme en tout point exceptionnel, allait guider Mère Marie-Eugénie de Jésus, pour l’aider à mettre ses pas dans ceux du Christ  ainsi que les jeunes âmes dont elle aurait la charge.

  Il fallait commencer par le commencement, avec la rédaction des règles de la Constitution de la Congrégation. Parmi elles, la plus importante peut-être, celle relative à la pauvreté, qui en était la pièce maîtresse. En voici un des fils conducteurs, comme il nous est  présenté par Mère Marie Eugénie de Jésus: « La plus généreuse pauvreté est après avoir méprisé pour le Seigneur tout ce qui est à soi, de travailler pour vivre et faire l’aumône. » Elle est en parfaite symbiose avec le Vénérable Emmanuel d’Alzon qui lui répond : « Tenez ferme autant que possible, pour la pauvreté, partout où vous pourrez, elle ne s’en va que trop promptement. »

  Elle précise toutefois: « L’usage strict des choses nécessaires, un pensionnat trop pauvre éloignerait les parents et un pensionnat somptueux dégénère bientôt en hôtel de luxe  comme cela se voit en une foule d’endroits…» Le Vénérable Emmanuel d’Alzon, avait lui aussi  besoin des conseils de Mère Marie-Eugénie de Jésus, lorsque il décida d’installer un Institut de l’Assomption mais pour les hommes,  à Nîmes.

  Cela a l’air simple sur le papier, mais ces deux âmes avaient aussi leurs moments de découragement; écoutons le : « Vous dirai-je que je trouve, comme me le disait un avocat de mes pénitents, la vie très difficile et que je voudrais beaucoup que l’on me fit voir la ligne bien droite dans laquelle je dois non seulement marcher mais  faire marcher les autres?…Ce m’est tous les jours un nouveau sujet de surprise que Dieu me veuille là, avec tout ce qui me manque. »

  Les Constitutions étaient achevées et fixées ; les Sœurs allaient prononcer leurs vœux définitifs. L’exemplarité, l’intelligence de leurs méthodes pédagogiques portaient leurs fruits, et faisait augmenter le nombre des pensionnaires. Il fallait s’agrandir et elles s’installèrent rue de Chaillot, sur une propriété de trois hectares, ce qui obligea Mère Marie -Eugénie de Jésus à emprunter les 250.000 francs de l’époque pour pouvoir l’acheter.

  L’enseignement était d’une telle qualité que Mgr Dupanloup, évêque d’Orléans demanda à Mère Marie-Eugénie de Jésus: « Ecrivez moi quelques notes sur la manière dont vous comprenez et dirigez les études ; je vous en serai très reconnaissant.»

  A notre tour de prendre connaissance, dans les grandes lignes, de ce qui fit le succès et le fait aujourd’hui encore de l’œuvre pédagogique de l’Institut de l’Assomption.

  L’enseignement se distinguait non pas  par les matières étudiées mais par l’esprit et la méthode. Écoutons toujours Mère Marie-Eugénie de Jésus : « Savoir plus d’une chose ou d’une autre, ce n’est pas ce qui fait la supériorité d’un esprit sur un autre ; c’est bien plutôt la tournure de cet esprit, sa trempe particulière, le caractère propre qui lui a été donné. (…) C’est une éducation poursuivait elle qui s’adressait plus à l’intelligence, pour la christianiser en la développant à la volonté pour la rendre capable de renoncement et de sacrifice. »

   Mère Marie-Eugénie de Jésus voulait aussi donner l’amour des pauvres à ces jeunes filles appartenant au meilleur monde, lequel était parfois éloigné de la religion.

  Mère Marie-Eugénie de Jésus, dû aussi faire face à la Révolution de 1848, et elle traversa cette tempête, avec courage comme toujours, protégeant ses religieuses et ses pensionnaires, les obligeant à quitter momentanément leur Institution ; tout rentrera dans l’ordre, mais nul n’oubliera l’héroïsme de l’archevêque de Paris, Mgr Affre, blessé mortellement au cours de ces émeutes.

  La renommée de la congrégation, allait lui donner une dimension internationale  avec l’ouverture de missions à l’étranger qui suscitera un grand intérêt en Afrique du Sud, au Cap, mais aussi en Angleterre,  à Richmond, et en France, notamment dans le diocèse de Reims où on retrouve  Mgr Gousset qui avait béni et soutenu les débuts de la Congrégation.

  L’œuvre de la Congrégation devait ajouter la pierre ultime à sa parfaite édification avec l’approbation du Saint Siège. Elle reçu sans difficultés le concours de plusieurs évêques de France, lesquels dans cet esprit écrivirent leurs lettres de recommandation, si l’on peut dire pour les adresser au Vatican.  

  La réponse ne se fit pas trop attendre, nous étions en 1855, le Pape Pie IX répondit, comme le veut la tradition pontificale, par un Décret et surtout un Bref Laudatif, qui portait sa signature.

  La Congrégation continue donc à croître avec d’autres Maisons Mère : Bordeaux, Lyon, Poitiers, plus tard encore à Malaga en Espagne.

      L’année 1888,  une année décisive avec ses joies et ses peines

  Le moment était venu de «conforter» si l’on peut dire, le Bref laudatif et de soumettre l’œuvre de la Congrégation à l’approbation définitive du Pape Léon XIII, qui avait succédé à Pie IX. Ce sera chose faite le 11 Avril qui fera de l’Assomption une des institutions appartenant au cœur même de l’Eglise.

  Quelques semaines plus tard, la Congrégation eut l’immense douleur de perdre Mère Thérèse Emmanuel qui rejoignit le Seigneur le 2 Mai, de cette même année. Son corps repose dans l’enclos de la Maison mère. Mgr Gros a rappelé lors de ses funérailles: « Qu’elle a fait l’intérieur de l’Assomption.»

  Mère Marie-Eugénie de Jésus, en 1893, est reçue en audience privée par le grand pape Léon XIII qui la recevra très paternellement. Un très beau et doux souvenir qui atténuera ses souffrances morales, car elle  venait de perdre deux êtres chers : Mère Thérèse Emmanuel et, quelques année plus tôt, le Vénérable Emmanuel d’Alzon.

  Elle  s’éteindra le 10 Mars 1898 à Paris

                                                         Son premier miracle

« Je suis le miracle de Mère Marie-Eugénie. »

Ce sont les mots, après la guérison inexplicable sur un plan scientifique  de  Carmela Thérèse Eugénie Bondoc  née en février 1995, aux Philippines ; atteinte du syndrome de Nystagmus, qui la condamnait de la plus horrible façon : elle ne pouvait ni marcher, ni parler et elle serait aveugle.

  Sa mère adoptive, elle-même ancienne élève de l’Assomption demande une relique de Mère Marie-Eugénie de Jésus. Ils vont ensuite l’emmener à Paris, où la jeune fille sera allongée sur la tombe de Mère Marie-Eugénie de Jésus. On l’emmène aux Etats-Unis, pour  y consulter les meilleurs spécialistes, en vain. Pourtant, de retour dans son pays, Carmela a pu retrouver une vie normale, même avec un cerveau qui n’est toujours pas guéri mais elle vit, elle entend et voit, elle peut aussi se déplacer.Elle travaillait au collège de l’Assomption à Manille selon les informations de l’époque.

Le Pape Benoît XVI a reconnu le 16 décembre 2006, la validité de ce miracle Le Pape Benoît XVI  a canonisé Mère Marie-Eugénie de Jésus le 3 Juin 2007

M. Ravel

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