Le Saint du Mois

Février 2020

SAINTE BERNADETTE

« L’histoire de Lourdes commence par un grand geste de foi : le signe de la Croix.» Mgr Pierre-Marie Théas.

C’est aussi l’histoire d’une petite jeune fille née le 7 Janvier 1844 au moulin de Boly, Bernadette . Ses parents François et Louise Soubirous sont de très modestes et braves personnes, dures au travail, dont les grands parents et parents étaient meuniers.

Ses premières années s’écoulèrent à Bartrès , à trois kms de Lourdes.

Bernadette ne savait ni lire ni écrire, mais disait son chapelet correctement, ce qui lui a permis de communiquer directement avec celle qu’elle appelait au début la Belle Dame.

Il n’y a pas de hasard dans la vie.

Comme il n’y avait plus de feu dans la cheminée, Bernadette parvint à convaincre ses parents d’aller chercher du bois en compagnie d’une de ses sœurs et d’une petite cousine.

Sur le chemin, une bonne âme leur indique où trouver des copeaux de bois : prés des rochers à l’entrée de la grotte de Massabielle : une excavation de cinq à six mètres de haut sur sept à huit de large, d’une profondeur de six mètres, surmonté d’un arceau ovale qui communique avec la Grotte, par laquelle la Sainte Vierge apparu à Bernadette. Pour y arriver, il fallait se déchausser, aller dans une eau glacée à l’endroit où se mêlent les eaux du Gave et du canal de Savy.

Bernadette hésite avant de rejoindre ses compagnes, car de santé fragile, elle a de l’asthme ; elle s’apprête finalement à traverser le canal, enlève son premier bas et alors que l’Angélus sonne midi dans tous les clochers avoisinants, Bernadette perçoit une musique, qu’elle prend un moment, pour la plainte du vent dans les arbres, elle commence à avoir peur, et soudain, en face, à l’entrée de la grotte, un buisson d’églantine s’agite et un nuage d’or remplit peu à peu la grotte dans lequel s’avance une apparition ; une Belle Dame- qui aurait seize ou dix sept ans, portant une robe blanche, retenue à la taille par un ruban bleu ,un long voile lui couvre la tête et on voit le bout de ses pieds ornés d’une rose jaune, et un Chapelet qui pend à son bras.

Bernadette en reste presque paralysée de peur mais la dame lui sourit et fait le signe de la croix, Bernadette récite son chapelet, et à la cinquième dizaine, l’apparition disparait. Une première apparition suivie par dix sept autres, toutes sont merveilleuses, et donnent de la force et de l’espérance à tous les chrétiens depuis !

On ne peut les relater toutes, trois guideront nos pas sur le chemin escarpé de la grotte et parfois de la foi !

Sa rencontre du 25 Février

Une date à marquer d’une pierre blanche dans le jardin de la chrétienté, car c’est le jour où jaillit la source miraculeuse, Bernadette est guidée sur un des cotés de la grotte où ses trouve ce qui n’est qu’un point d’eau et deviendra dès le lendemain la célèbre source de Lourdes.

Le 2 Mars, jour où l’apparition lui demande de dire aux prêtres de faire bâtir une chapelle et d’y venir en procession. »

Le 25 Mars, jour où l’apparition va enfin se présenter : « Je suis l’Immaculée Conception. » dit-elle après avoir levé les yeux, regardé le ciel et en même temps élevant les mains et les joignant sur la poitrine.

Pendant toute cette période, Lourdes et ses habitants, étaient complètement troublés, avec ceux qui croyaient Bernadette et les autres au sein même de l’Eglise. A un moment donné, la fièvre populaire avait l’air de s’être un peu calmée , le préfet de Tarbes n’avait il pas écrit au ministre des Cultes en ces termes : « Aujourd’hui, il n’est plus question de rien, et tous ceux qui auraient ajouté foi aux paroles de la jeune fille, reconnaissent qu’ils avaient été dupes de ces hallucinations(…) il n’y a pas intention de fraude, car, quoique pauvre, elle a refusé toutes les offres d’argent, qui lui ont été faites». En effet, les autorités locales s’étaient emparées de « l’affaire », on voulait même envoyer Bernadette au cachot, non pas le lieu où elle habita avec ses parents qui portait ce nom, tant l’endroit était épouvantable, mais dans un vrai cachot ! Bernadette n’avait pas que des détracteurs, et parmi ses soutiens, deux déterminants et déterminés à la soutenir; ainsi, l’abbé Ader qui fut le premier à déceler en Bernadette des vertus au-delà de ce que l’on pouvait imaginer et l’abbé Peyramale , qui, d’opposant acharné, devint son plus ardent défenseur et s’opposa presque manu militari au démantèlement de la grotte ! Laquelle était devenue au fil du temps, un véritable petit oratoire, une statue de la vierge en plâtre en ornait le fond. «  L’affaire eut un tel écho qu’elle arriva jusqu’aux oreilles de l’empereur Napoléon III, en visite dans la région et qui ordonna la levée des barrages interdisant l’accès à la grotte et de ne plus s’occuper de cette affaire d’apparitions !

Revenons à l’essentiel ! La vierge Marie ne s’est pas adressée à Bernadette par hasard !

Tout indiquait clairement le choix de cet enfant, dont la vocation religieuse lui sera révélée par la Vierge Marie elle-même ! Bernadette qui travaillait à l’hospice auprès des sœurs de Nevers, hésita entre le Carmel, ou la Trappe, elle restera finalement dans la congrégation de l’ordre de Nevers ; une décision qu’elle prend en août 1864, mais elle restera à Lourdes deux ans de plus.

Bernadette avait vécu, sœur Marie Bernard des sœurs de la Charité et de l Instruction chrétienne de Nevers venait la remplacer. Bernadette pouvait ainsi concilier la vie contemplative, l’oraison mentale, la prière, l’examen de conscience, et la visite des malades, ainsi que l’éducation des enfants, sans parler de toutes les autres taches domestiques. Sœur Marie Bernard avait toutes les aptitudes à la vie de cette congrégation. Leur Mère Supérieure voulait que ses sœurs vivent dans l’humilité, la mortification et l’esprit de sacrifice le plus complet !

Elle prit le voile un an à peine après son arrivée, en l’église saint Gildard de Nevers ! Et pourtant, la nostalgie n‘était jamais loin pour la toujours petite bergère pyrénéenne, et qui souffrait toujours plus. Par le choix judicieux des Sœurs, elle travailla aussi à l’infirmerie pendant sept ans, à s’occuper des autres malades, puis fut placée à la sacristie sur ordre du médecin qui pensait que l’air était meilleur !

La maladie fut la plus forte du moins sur cette terre, la Vierge Marie le lui avait signifié indirectement, et la mort y mettra un point non pas final mais de suspension jusqu’ à sa rencontre définitive avec la Vierge Marie. N’avait elle pas demandé à Saint Joseph, la grâce d’une bonne mort. Elle quitte cette terre le 16 Avril 1879, c’était un mercredi de Pâques à trois heures et quart de l’après midi.

Son corps fut déposé à la chapelle Saint Joseph et l’assemblée présente ainsi que l’archiprêtre de la cathédrale purent constater le parfait état de conservation du corps. A chaque ouverture du tombeau,(3 en tout) la religieuse apparaît dans un état de fraîcheur et de douceur, avec sa tête légèrement appuyée sur l’épaule gauche.

Béatifiée et canonisée par le pape Pie XI le jour de la fête de l’Immaculée Conception, le huit décembre de l’année sainte 1933.

Aujourd’hui, Lourdes est le centre religieux le plus fréquenté après ceux de Jérusalem et de Rome.

Pour Bernadette, il faut faire la volonté de Dieu.

« La sainteté n’est pas le reflet d’une perfection absolue, mais de mérites dans la lutte.  » Fernand Laudet, de l’Institut.

Monique Ravel